[BackGround] Ikari Reisei

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[BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Dim 16 Déc - 23:01

プロローグ


- Oisha-san ! Oisha-san ! Dépêchez-vous !

Deux silhouettes avançaient tant bien que mal au travers du blanc rideau que constituait alors la tempête.

-Vite, sinon il sera trop tard !

La neige ne permettait pas à ces deux formes d'avancer beaucoup plus vite, et ce quelle que soit leur détermination.

- J'arrive, je fais de mon mieux.
Leur but n'était guère lointain mais les éléments transformaient ce court voyage en épopée magistrale. Chaque pas était une nouvelle épreuve, chaque enjambée un nouvel exploit. La neige retenait leurs pieds, le vent repoussait leurs corps. Les vains frottements qu'ils faisaient pour se réchauffer n'empiraient que plus les choses, la neige une fois fondue imbibait leurs vêtements et les rendait plus lourds. Rafale après rafale, l'avancée n'était que plus pénible, la plaine que plus longue. Pourquoi maintenant ? Dire que la veille était si belle. Que la nature est cruelle ! Dans quelques instants nous serons à l'abri et là Oisha-san pourra... Pour rien au monde Tansosho ne serait venu ici s'il n'y avait été forcé par les événements. L'attaque du village, la peur, la panique, la mort…

La deuxième silhouette plus massive venait de tomber dans la neige en sanglotant. C'est était trop ! Il n'aurait jamais dû accepter de faire ça. La seule chose le poussant – littéralement – à avancer était le bâton que tenait Tansosho contre son dos. Jamais cela ne se serait passé à l'époque ! On respectait ses aînés ! Pas comme ces vermines de nos jours qui ne pensent qu'à leurs missions et leurs nindôs ! Il aurait volontiers fait demi-tour, abandonné le passionné à son idée, mais il était maintenant trop tard pour retourner en contrebas, chez soi, et trop tôt pour pouvoir commencer et au plus vite terminer.

Enfin ! Les contours d'une construction commençaient à se dessiner sur la toile blanche du paysage encore pure, des nuages apparurent, elle était souillée. L'orage arrivait ! Cela ne présageait rien de bon. Tout n'était plus qu'encre quand les deux hommes arrivèrent enfin à destination.


- Où dois-je aller ?
- Suivez-moi, répondit brusquement le jeune.

Il n'était pas question qu’Oisha-san puisse fainéanter en attendant que cela se passe, il avait un rôle et Tansosho entendait bien qu'il le remplisse. Tsurara était déjà là, en tenue appropriée, peinant sous l'effort. La tâche n'était en rien moins ardue que le voyage, mais au moins cela se faisait dans une chaleur relative. Assis dans un coin de la pièce, ne sachant plus comment agir, face à une telle situation, le jeune homme s'empara de sa flûte et joua une triste mélodie : "Ai no Kenkyuu no Otoko".

Le travail touchait à sa fin. Un éclair s'abattit sur Sakura-sama. Un cri retentit. Sakura-sama n'était plus, Ikari Reisei venait d'être...

Le nouveau né s'était apaisé et avait encore les yeux fermés quand son père put le tenir pour la première fois dans ses bras. À l'instar de la neige, le petit était blanc. Un blanc pur et serein. Son corps frêle, ses petites mains refermées, son visage, ses cheveux.


- Ah ça pour sûr ! Seul un enfant blanc pouvait naître dans une tempête de neige pareille ! dit le médecin en regardant le nourrisson enveloppé dans un morceau de tissu, avant de retourner s'occuper de la mère.

- Anata ? Montre-le moi, notre enfant, demanda à mi-voix Tsurara.
- Bien sûr, répondit-il en se rapprochant de la jeune femme et en lui présentant l'enfant. Qu'il est beau ! Tellement, calme, doux, innocent, serein. Appelons-le Reisei, qu'en dis-tu ?
- Tout ce que tu voudras, mon amour.
- Hem... Ce n’est pas pour vous gêner mais j'aimerais bien rentrer chez moi maintenant. La neige, l'orage, le tempête ! Pas question ! J'en peux plus ! J'en peux plus ! Je rentre !

La porte entrouverte laissa entrer un vent glacial qui dissuada vite l'homme de sciences de continuer. Il s'effondra dans un coin en sanglotant :

- Pourquoi donc dois-je endurer ça ? J'étais si bien devant mon feu de bois... Et où je suis moi maintenant ?
- Otsukaresamadeshita ! Oisha-san, vous vous trouvez dans notre nouvelle maison. Je vous raccompagnerai au village quand le temps le permettra. En attendant laissez-moi de vous offrir un peu de quoi manger et de quoi boire.
- Ce n'est pas de refus.

Le petit feu au centre de la pièce faiblissait, mais fut vite ravivé quand Tansosho rajouta un peu de bois.

- Voilà, normalement c'est ma femme qui s'occupe de cela, mais compte tenu de la situation, fit le jeune homme en aidant sa moitié – et par là même le petit garçon – à se rapprocher de la chaleur. Tenez, voici un peu d’alcool et de kayu. Je dois avouer que je ne sais pas cuisiner alors ce n’est que ce qu’il reste de ce midi, j’espère que vous apprécierez.
- Ittadakimasu ! dit l'homme d'une petite voix. Umai !

La vie semblant étreindre à nouveau la carcasse du médecin, il continua :

- Délicieux ! Succulent ! Madame, vous êtes vraiment une excellente cuisinière ! Boire et manger, tout ce qu'il faut à un homme pour se sentir revivre ! Du yaku pour me sentir apaisé et du saké pour réchauffer mon corps!

De son côté Tansosho aidait amoureusement sa femme à se nourrir.

- Hm, mais au fait, pourquoi venez-vous si soudainement dans notre village ? Je veux dire, il n'y a pas vraiment de raison de venir vivre ici...

Les visages épanouis que présentait jusqu’alors la petite famille s'assombrirent en un instant.

- Ai-je posé une question mal placée ? Sumimasen, je ne voulais pas vous embarrasser, fit-il rapidement avant de repiquer dans son assiette. Oh ! Un grain de riz ! Oh ! Un autre.

- Non, je pense que vous avez le droit de savoir après ce que vous avez enduré pour nous.
C'était la première fois que la femme s'adressait directement à lui. Tansosho-san et moi-même vivions dans un petit village retranché, sans réel contact avec le monde extérieur. Nous n'étions pas riches mais pas malheureux pour autant. Chichiue était forgeron, celui de Tan-san herboriste. Nos maisons étaient voisines et malgré des premiers contacts difficiles, nous avons développés des sentiments. Nous nous sommes mariés il y a maintenant un an et demi, tout allait pour le mieux. Jusqu'à il y trois mois...


******


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Re: [BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Dim 16 Déc - 23:01

- Go-shujin-sama ! Nous arrivons près d'un nouveau village, j'ai envoyé Nozoki-san en éclaireur, il devrait être de retour d'ici quelques minutes.
- Bien Kerai, très bien... Allons lui "rendre visite"...
- Tout de suite, Satsugai-sama.

Plus d'or... Plus de femmes... Plus de meurtres ! Oh oui ! Oh ouiii ! La surprise qui vous serre le cœur quand vous vous rendez compte que votre vie est en jeu. La peur qui vous cloue au sol, qui souille vos vêtements. L'arme qui se rapproche de vous. Le sang qui coule. Le sang. Tout ne devient vite plus que sang. Coup porté, parade, riposte, un mort, course, coup porté, deux morts, course, parade, coup porté, trois morts. Des morts jusqu'à ce que le village ne soit plus qu'une orgie de sang et d'entrailles dans laquelle les plus forts pourront se baigner. Le premier sang versé sera alors recouvert par une nouvelle couche puis par une autre jusqu'à ce que la lame ne serve plus à rien et qu'il faille la lâcher au profit d'une nouvelle arme, ou mieux au profit de ses poings. Un coup, deux coups, trois coups. Craquements, gémissements, pleurs, sanglots, suppliques, autant de bruits qui le font frémir de plaisir. Puis le silence. Ce silence lourd et pesant, ce silence qui ne peut exister que quand le corps inerte de son adversaire touche enfin le sol. Là tout n'est plus que jouissance ! Bientôt il revivrait ça, bientôt il serait de nouveau sur le terrain, rien ne compterait plus, rien que lui sa lame et de la chair à pénétrer. Oh oui...Oh oui... OH OUI !

- Go-Shujin-sama ! Nozoki-san est revenu.

Un frêle jeune homme s'agenouilla devant la monture de Satsugai.

- Il s'agit d'un petit village de moins de cinquante habitations. Il n'y a aucune fortification, aucun système de garde, rien ne laisse à croire que qui que ce soit dans ce village puisse nous tenir tête.
- Parfait... Un massacre sans riposte... Le meilleur de tous. Du plaisir à l'état pur. Allons-y !
La vingtaine d'hommes qui composait la troupe de Satsugai se mit en marche. Ils arriveraient à la tombée de la nuit.



- Tu ne restes pas jouer une partie de shogi, Kagi-san ? demanda Momohe-san, un habitué du bar.
- Non, tu me battras une autre fois. Tu te dépêches Kusuriya-kun ?
-Oui, oui, j'arrive ! Désolé les gars, une prochaine fois peut-être.

Les deux hommes quittèrent le restaurant et marchèrent sur la route.

- Alors, tu trouves qu'ils s'en sortent comment nos enfants ?
- Je dois avouer que je ne suis pas déçu. Ma fille est plus heureuse que jamais. Elle m'a même appelé "Otou-san" hier et non plus "Otou-sama". Je suis tellement cont...
- Hiii !
- Qu'est-ce que c'était ?
- Je ne sais pas... Allons voir.

Un peu plus loin sur la place du village, se trouvaient une vingtaine d'étrangers. L'un d'entre eux, assis lourdement sur un cheval qui peinait, venait de prendre la parole :

- Voyez-vous... Mes hommes sont pour le moins... las. Mais là n'est pas la question. J'aimerais partager avec vous un de mes sentiments les plus chers. J'aime tuer. Pas simplement tuer... Faire souffrir. Rien ne me procure plus de plaisir que de voir une femme se tordre de douleur devant moi. Bien sûr, me direz-vous, c'est mal ! Mais après tout... Je suis un mâle ! J'ai besoin de ce genre de choses pour vivre. Et figurez-vous que je viens de trouver une nouvelle cible, n'est-ce pas merveilleux ?
- Pst, éloignons-nous Kagi-kun, mieux vaut ne pas rester près d'eux. Rentrons auprès de nos femmes.
- D'accord, allons-y.

Arrivés à la maison du dénommé Kusuriya, un cri strident retentit, suivi d'un rire éraillé à glacer tous les démons de l'enfer. Toutes les personnes précédemment sur la place fuyaient maintenant à toutes jambes. Le groupe d'étrangers tuant les villageois les uns après les autres.

- Vite Kagi-san, va prévenir ta femme, je m'occupe de prévenir mon fils et ta fille. Il faut fuir le plus vite possible ! Il acquiesça. Rejoignez-nous près de la cascade.
- D'accord. Vite, prévenir les enfants. La maison est à quelques mètres.

Cris, toujours plus de cris.
- Tansosho ! Tsurara-chan ! Vite il faut partir, le village est attaqué !
- Quoi ?
- Oui le village est attaqué, il faut fuir ! De plus en plus les cris se rapprochaient. Dépêchez-vous !

S'habillant du plus vite qu'ils pouvaient les deux jeunes mariés sortirent par la porte arrière, suivis de peu par le père du garçon.

- Nous devons retrouver tes parents à la cascade, fit Kusuriya pour rassurer la jeune fille.

Le même rire qu'auparavant retentit à nouveau. Plus proche... toujours plus proche. Enfin ! Le point de rendez-vous, dans la forêt était enfin visible.


- Ouf ! Ils sont déjà là. ... Mais où regardent-ils ?

Ils reculaient… Un pas, deux pas, trois pas. Une troisième personne, armée celle-ci, était présente et se rapprochait lentement du couple.

-Oto-sa..., commença Tsurara, mais Kusuriya l'interrompit.
-Chut ! Cachez-vous là et fuyez si quoi que ce soit nous arrive, dit le père du jeune homme en les poussant dans les fourrés. Puis il s'en alla vers la belle-famille décidé à faire diversion si le besoin était. Le rustre lourdaud de tout à l'heure et un de ses sbires... De deux coups nonchalants, il fit mordre la poussière au couple.

Tsurara lâcha un cri de terreur. Le monstre tourna la tête dans la direction du fourré protecteur. Les visages respectifs furent gravés dans l'esprit de chacun :

Un œil droit manquait au visage couvert du sang de ses victimes, un visage encadré de long cheveux noirs dont le nez avait été coupé, un visage jeune que le bonheur quittait presque tangiblement, une jeune femme tétanisée de peur aux traits fins et distingués.


- Fuyez ! cria l'herboriste à l'attention des enfants.

Courir, courir pour son salut, courir sans se retourner, courir sans rien prendre, courir sans penser à ri...


- Otou-san ! cria le jeune homme.

Trop tard. Le corps de son père était déjà tombé. Un objet ovale vola en direction du couple. Un objet couvert de sang. Le sang d'un homme qui avait décidé de miser sur le futur, sur ses enfants. La tête de Kusuriya.



******


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Re: [BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Dim 16 Déc - 23:02

Des années étaient maintenant passées depuis le carnage du village, ou même depuis l'épisode de la tempête. Shinbo, car tel était le nom du médecin, s'était lié d'amitié avec la famille Ikari, les avait aidés à s'inclure dans leur nouveau village et s'occupait de l'éducation du petit Reisei – tout fier de ses huit ans – et de sa petite soeur Sueko – cinq ans –, quand Tsurara et Tansosho travaillaient dans la petite herboristerie locale. Le printemps s'était montré maussade mais restait une délivrance par rapport à l'hiver glacial dont on sortait enfin.

Le soir venu, Tansosho avait pris l'habitude de passer du temps avec son fils pour lui apprendre le métier d'herboriste, les légendes, les traditions qui s'y rapportaient. Ce soir-là en passant devant Sakura-sama, il décida de lui raconter la légende de ce magnifique cerisier, la légende "Ai no Kenkyuu no Otoko".


- Tu vois cet arbre-là, Reisei ?
- Oui.
- Il s'agit de Sakura-sama. On raconte que vivait il y a bien longtemps dans cette plaine une jeune femme très belle. Tous ceux qui la croisaient étaient charmés par sa beauté. Tous les jeunes gens de son âge étaient amoureux d'elle. Cependant elle n'en aimait aucun et dut les repousser les uns après les autres. Le jour de ses vingt-deux ans, elle alla prier les esprits pour qu'elle puisse rencontrer l'amour véritable. Et tu sais quelle fut leur réponse ?
- Non... Ch'était quoi ?
- Que l'homme qu'elle aimerait ne naîtrait que plusieurs siècles plus tard. Désespérée, elle demanda alors aux esprits de lui permettre de vivre jusqu'à la naissance de cet homme, quitte à mourir après l’avoir vu. Les esprits touchés par son désespoir lui donnèrent autre chose. Elle serait transformée en cerisier jusqu'au jour où celui-ci naitrait. Le jour de cette naissance, elle perdrait son apparence de cerisier et renaitrait alors neuf mois plus tard sous forme humaine. Et tu sais quand cet arbre fut détruit par la foudre ?
- Euh... Non... Quand tu es né Otou-san ? Et Sakura-sama c'est Okaa-san ?
- Ahah non mon petit. C'est toi. Sakura-sama perdit cette forme, à l'instant où tu es né. Un éclair toucha l'arbre qui prit feu. Ce qui veut dire que c'est toi qui rencontreras la plus belle femme de la région.
- Moi ?
- Oui, oui, toi.
- Mais j'aime pas les filles moi !
- Ahah tu verras avec le temps ce genre de pensée changera. Allez viens je vais te jouer le morceau "Ai no Kenkyuu no Otoko" à la flûte pendant qu'on rentre à la maison. Allez ! Dépêche-toi il faut être rentrer avec que l'orage ne commence.

Quand les deux hommes de la famille Ikari arrivèrent à la maison, aucune lumière ne brûlait – la nuit était pourtant tombée depuis longtemps – aucun son n'était audible.

- Ouf ! On est arrivé à temps, ça commence à pleuvoir.
- Tadaima ! firent les deux arrivants. Pas de réponse...
- Tsu-tan, Sueko ?
- Okaa-san, Imouto ? ...

Un bruit de pas se fit entendre.

- Okaa-san ?
- Tadaima ! répéta la voix frêle de Reisei.
- Okaerinasai, répondit-on finalement. Sauf qu'au lieu d’une voix douce et féminine, il s'agissait d'une voix rauque et tout ce qu'il y a de plus masculine.
- Qui êtes-vous ? Que faîtes-vous ici ? Où sont ma femme et ma fille ? demanda d'un trait Tansosho se mettant entre son fils et l'origine de l'inconnu.
- Votre femme et votre fille est avec mon chef Satsugai-sama. Vous devez vous souvenir de lui, non ? Celui qui a tué votre père et votre belle-famille sous vos yeux.

Bruits de pas.

- Vous savez... On vous a longtemps cherché. Les seuls à avoir jamais échappé à Satsugai-sama ! Les magnifiques survivants ! Je vous HAIS ! Si vous saviez tout ce que j'en ai bavé parce que vous, vous avez décidé de survivre !

La porte de la chambre conjugale s'ouvrit brusquement.

- Surprise ! Un visage sans nez surgit de derrière la porte, un katana dans la main droite. Mon maître n'est pas le seul à aimer tuer. Lui aime bien torturer puis tuer les femmes. Moi c'est plutôt les enfants. Le destin fait bien les choses, non ? Votre femme et votre fille sont avec mon maître et moi je vais pouvoir m'occuper de votre fils. Oh ! Mais il est beau en plus, tout blanc... Hm. Je m'en délecte déjà. Voir le sang qui coulera le long de son corps, le long de ses cuisses. Oh ! Et la belle couleur d'yeux ! On ne verra même pas la différence quand du sang coulera dans ceux-ci, ils sont déjà si rouges.
- Ne le touchez pas ! Vous devrez me passer sur le corps avant de le toucher.
- Mais j'y comptais bien ! Après tout. Les adultes gardent toujours un enfant au plus profond de leur âme. Et j'adore ce dernier, rajouta-t-il en léchant une partie du tranchant de son katana. Ah ! Le goût du sang !
- Reisei. Je veux que tu courres le plus vite possible au village et dire à tout le monde ce qu'il se passe ici, d'accord ?
- D'accord... Et toi Otou-san ?
- Ne t'inquiète pas. Tout ira bien. Souviens-toi de qui tu tiens ta force, hein ? Allez, cours !
- Hm, acquiesça le petit garçon avant de courir en direction du village.

La pluie était de plus en plus violente. Sur toute cette plaine les seules choses qui dépassaient le sol étaient sa maison qu'il quittait, Sakura-sama et lui-même. Un pas après l'autre, vite, vite toujours plus vite. Un rire se fit entendre malgré la pluie.


- Otou-san ? Une silhouette sortit de la maison et commença à courir en direction du petit. En quelques instants, Reisei était rattrapé par l'homme au visage incomplet.

- Hihihi, alors ? Où va-t-on ? Rei-chan ? On va dire au village que le méchant môsieur a fait du mal à Otou-san ?
- C'est pas vrai ! Mon papa est le plus fort ! dit-il tout en continuant à courir.
- Ahah ! Il pleurait comme une petite fille quand je lui ai dit ce que le chef prévoit pour ta mère et ta soeur et ce que je prévois pour toi.
-Nan ! C'est pas vrai mon Oto-san est le plus fort de tous !
- Il est mort... Je viens de lui couper la gorge avec cette arme. Tu vois ce sang ? Et bien c'est le sien.

Stupéfait le garçon s'arrêta au milieu de la plaine, sous la pluie battante.

- Ah ? On commence à douter ? Bien, au moins ça m'évite une fatigue inutile. Bon, par quoi vais-je commencer ? Le bras ou la cuisse ? Hm...
- Jamais mon Otou-san n'a pu être tué par quelqu'un comme toi ! cria le petit orphelin avant de sauter au cou du meurtrier.
- Oh ! Mais en plus, il attaque ! Repoussant de façon désinvolte son assaillant miniature, il le jeta au sol et éclata de rire. Seul un ninja pourrait être assez fort pour me tuer et tu penses toi y arriver ? Sans technique, sans méthode ? Je vais te dire, moi comment je vais te tuer. Je vais tout d'abord élever mon katana dans les airs. Puis je l'abattrai violemment sur toi. La lame pénètrera tout d'abord ta peau, ton épiderme sera alors tranché, puis ce seront tes nerfs qui seront touchés. Hmmm ! La douleur envahira alors ton corps, de la même façon que lorsque l'on se baigne dans la mer. C'est d'abord pénible, puis on devient adepte, accro à cette sensation, crois-moi. Puis viendra le moment ou les artères seront atteintes. Là ce sera l'extase, la douleur s'estompera tandis que ton sang quittera doucement ton corps pour couler à l'extérieur de celui-ci. Puis viendra l'inconscience, l'état final, l'état ultime entre la vie et la mort...

Reisei était maintenant pleurant, à la merci de son futur assassin. L'orage tonnait de plus fort.

- Je commence... fit-il en se mettant au dessus du petit.

L'orage redoublait de violence. La lame de katana s'éleva lentement dans les airs, le sadique semblait vouloir apprécier le moment. Reisei ferma les yeux de peur. Le sifflement reconnaissable d'une lame qui s'abat se fit entendre mais fut rapidement couvert par un coup de tonnerre. Un frissonnement électrique parcourut l'échine du petit lui faisant découvrir une sensation jusqu'alors inconnue.
Quand il rouvrit les yeux, le meurtrier n'était plus. Un cadavre carbonisé gisait aux pieds du petit. Plus déterminé que jamais, il courut en direction du village.

- S'il faut que je sois Ninja pour ne plus avoir à craindre ce genre de personne et sauver Okaa-san et Imouto, alors je deviendrai Ninja ! Que Shinbo-sensei le veuille ou pas !


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Re: [BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Dim 16 Déc - 23:04

お母さん


- Eh Umeshu-kun ! Tu m'ramènes encore un bouteille de saké ? Hein ? Comme tu t'lèves... fit une voix rendue grasse par l'alcool.
- Ouais, ouais, dès que j'me suis soulagé j'te fais ça ! répondit l'homme qui venait de se dresser.

Umeshu s'éloigna un peu du bar pour uriner dans une ruelle un peu plus loin, pour trouver un endroit adéquat et s’y posa. Ah, ce que les femmes étaient d'agréable compagnie ! Surtout la forgeronne, aussi performante pour réparer les armes que pour réchauffer l'âme d'un homme. Enfin... Plus pour longtemps, plus avec ce que les hommes allaient lui faire subir... C'était la fête de création du groupe, et tous allaient se partager la même. Ce soir ce serait la forgeronne, l'année dernière c'était une joueuse d'Erhu, l'année d'avant une herboriste. Toutes les précédentes avaient soit lâché durant la "cérémonie", soit s'étaient suicidées dans la semaine qui suivait. Pfff, c'était même pas drôle... L'herboriste avant de se suicider tombait en pleurs à chaque fois qu’elle croisait l'un des hommes. C'était à en mourir de rire, et les autres femmes qui disaient :
« Mais vous ne voyez pas qu'elle n'en peut plus ! A ce rythme-là elle ne tiendra pas ! », indignées. Si seulement elles avaient su que ce serait leur tour par la suite. Allez terminé ! Il pouvait retourner au chaud et attendre son tour, pour s'amuser un peu avec cette forgeronne à l'air hautain. C'est vrai qu'elle avait l'air hautain ! Le genre d'air de supériorité qui vous donnait envie de la gifler – ou même encore pire – jusqu'à ce qu'elle ravale sa fierté, jusqu'à ce qu'elle abandonne. Bah, il pourrait s'en donner à cœur joie ce soir, ce soir, c'était décidé, il allait lui faire perdre tout ce qu'il lui restait.

Bruit sourd. Un objet roule sur le sol. Un corps suit de peu. Une ombre se faufile jusqu'à une fenêtre du bar, un peu plus loin dans la ruelle. Dans la petite salle une douzaine d'hommes sont en cercle. Au centre de celui-ci une femme aux yeux bandés, au yukata déchiré, couchée, ligotée sur une table. Plus que quelques secondes avant qu'il ne soit trop tard. Rapide révision du matériel disponible : deux kunais et trois shurikens. Plus qu'il n'en fallait. La petite fenêtre trop étroite, il ne restait plus qu'à passer par devant. Au moins ce serait rapide.


- Bon à moi l'honneur ! fit le plus massif des hommes en se penchant sur la femme ligotée. Ah ! Quel bon morceau !
- Arrêtez tous ! cria une voix encore jeune.
- Hein ? Qui ose m'interrompre dans ma cérémonie ? répondit la brute.
- Laissez-la ! Libérez-la !

L’ombre s'était maintenant montrée. Tout habillée de noir, seule une fente au niveau des yeux exposait sa peau blanche. Et ses yeux rouges. Des yeux rouges emplis de haine et de rage que seule la vengeance pourrait apaiser. Que seule une vengeance menée dans le sang et le meurtre pourrait reposer.

- Tu tiens donc tant à elle ? Mais c'est amusant ça, tu ne trouves pas ? Dis moi, qui es-tu, toi qui oses t'attaquer à Satsugai et à ses hommes ?
- Ikari Reisei, fils de Ikari Tansoshou et de Ikari Tsurara.
- C'est quand même cocasse, non ? Tu veux dire que cette femme, celle que je surplombe de tout mon corps est ta mère ? Ta tendre Okaa-san ? Comme c'est mignon... Les gars occupez-vous de Rei-chan pendant que je m'occupe de sa mère, dit-il en joignant le geste à la parole. La femme cria de tout son corps et commença à pleurer tandis que la douzaine d'hommes de Satsugai se rapprochaient.

Tout se passa à une vitesse affolante. Premiers cris de la mère. Déplacements des hommes. Trois shurikens volèrent à travers la salle. Trois corps s'affalèrent sur eux-mêmes, la gorge déchirée. Les hommes sautèrent sur le jeune homme.


- Kawarimi no jutsu !

Une chaise céda sous le poids de trois hommes qui avaient tenté d'immobiliser Reisei. Coup de kunai, deuxième coup, troisième coup. Autant de morts. Plus que sept. Cris déchirants de la mère. Coup de pied, coup de kunai. Un mort de plus. C'est trop long, bien trop long. Coup de poing, coup de kunai dans le thorax. Bloquée. Abandon de l'arme sur place au profit d'une autre. Cinq restants. Saut sur une table, coup de pied tournant, nuque brisée. Quatre. Sanglots de la femme. Reprendre son souffle. Coup de pied droit, coup de paume. K.O. Coup de kunai, déchirements de tissus. Cri de douleur de la femme. Parade d'un coup porté, riposte, gorge broyée, kunai bloqué. Plus d'armes. Parade, prise, serrer la gorge, encore, encore. Silence. Plus de sanglots, rien, que le silence.

- Bah, tu t'es pas trop mal débrouillé pour mettre mes hommes hors d'état de combattre. Mais tu as été trop long, j'en ai fini avec ton "okaa-chan", fit-il en donnant un coup de pied dans la jambe de la femme qui ne réagit pas. Dommage n'est-ce pas ?
- Non ! Nooon ! Okaa-san ! Okaa-san !

Un coup de pied envoya voler le jeune orphelin de l'autre côté du petit restaurant.

- Tu te prends pour qui ? Tu penses que je vais te laisser pleurer ta chienne de mère alors que tu viens de massacrer mes hommes ?

Pleurs, plus rien n'a de sens, aussi bien mourir, Okaa-san... Il ne sert à rien de se battre si l'on a rien à protéger. Ne plus bouger, rester sur place, sangloter. Okaa-san...

Coup de pied dans le ventre. Côtes cassées. Relever la tête, coup de genou dans le nez. Craquement sonore. Le sang se mêle aux pleurs. Okaa-san...


- Alors... On fait moins le fier maintenant ! Hein ? Coup de poing dans le ventre. Tu n'es qu'un pauvre merdeux ! Tes grand parents assassinés, ton père tué en pleurs, ta mère souillée, ta soeur vendue et maintenant toi. Il ne reste plus rien de la famille Ikari, moi Satsugai l'ai détruite !

Soeur ? Ma soeur ? Imouto ? Vendue ?!? Elle était morte !

- Ma soeur vendue ?
- Oui, à mon frère, il a un faible pour les jeunes... Mais ça ne te concerne plus, je vais te tuer. Trois... Deux... Un...
- Raigeki no Yoroi !

Quand le poing de Satsugai entra en contact avec le corps de sa victime, une décharge l'envoya balader contre le mur d'en face.

- Tu aurais dû te taire, cracha Ikari debout au dessus de lui, tu viens de me donner une raison de te massacrer. Et quand je dis massacrer, c'est au sens littéral du terme, quand j'en aurai terminé avec toi, il ne restera plus assez de chair pour te reconnaître.
- Non, attends. Je peux t'expli...
- Raikyuu ! Cris de douleur. Raikyuu ! Cris de douleur.
- Arrête ! Je me rends, je recommencerai plus !
- Oh mais je n'en doute pas... répondit Ikari en arrachant un kunai du thorax d'un homme agonisant, lui arrachant un râle.

S'asseyant sur le corps brûlé de Satsugai, il enfonça la lame dans la main droite du meurtrier et remonta jusqu'à l'épaule. Sourire.


- Alors tu aimes ce qui fait mal ?
- Aaah !

Bras gauche maintenant. Puis les cuisses... Ouverture en largeur pour en arracher le muscle encore tressaillant. Rire.

- Ca fait mal n'est-ce pas ? Passons au visage.

Déchirer les joues au niveau des commissures et remonter jusqu'aux oreilles. Cris. Plus il y a de cris, plus il y a de déchirement... Plus il y a de rire. Deuxième côté.

- Souffre porc ! fit le bourreau entre deux rires déments. Toi qui as détruit ma famille !

Couper le ventre de l'homme et en tirer les entrailles pour les enrouler autour du cou de l'homme. Découper son crâne pour en voir la matière grise tressallir. Rire d’un rire à glacer le sang de tous les démons de l’enfer. Le laisser là, à agoniser. S'en aller sans regarder derrière soi. Trouver sa soeur. Dernière personne de sa famille.

- Rei-chan ? fit une voix faible derrière lui, une voix renvenue d’entre les morts.

Reisei s'immobilisa net, les larmes aux yeux.


- Okaa-san ? dit-il d'une voix tremblante. Okaa-san !
- Que s'est-il passé, Rei-chan ? demanda Tsurara venant de reprendre conscience.
- Rien Okâ-san, rien du tout. J'ai cru que tu étais morte mais finalement non, fit-il en pleurs, la détachant. Tout va bien maintenant. Rentrons à la maison, rentrons chez nous.

Elle tenta de retirer son bandeau mais Ikari l'en empêcha.

- Non, je te guiderai, garde-le encore un moment. Tu n'as pas à savoir ce qu'il s'est passé. Ne t'inquiète pas, tu n'as plus rien à craindre.

Deux silhouettes quittèrent ainsi le magasin. Un fils portant sa mère. Un fils prêt à tout pour sauver sa famille.

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Re: [BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Mar 15 Jan - 22:21



- Irashaimase ! Bienvenue dans notre établissement, fit un petit homme couvert de crasse. Vous êtes nouveau ? Voulez-vous que je vous explique le fonctionnement de cette maison ? Très bien. Depuis maintenant plusieurs années, nous proposons à toutes sortes de clients des divertissements des plus variés. Toutes nos animatrices sont regroupées selon certains critères, lesquels sont les suivants : âge, beauté, caractère, professionnalisme. Le prix dépend bien entendu de ces critères aussi. Il s'agit d'un rang I si vous souhaitez une passe de qualité, les plus récentes sont dans cette catégorie. Un rang II pour celles qui ont déjà fait assez de passes, ce sont celles qui peuvent recevoir des coups et des blessures physiques. Quant au rang III, seules celles considérées comme inutilisables sont dans cette catégorie, si vous aimez les faire souffrir ou les tuer, c'est ce qu'il vous faut. Hmm... Cependant avant de continuer je souhaiterais m'assurer que vous puissiez payer.

Une ficelle sur laquelle était enfilée une quantité considérable de piécettes fut lâchée sur le comptoir sale, dissipant tout doute de la part du "vendeur".

- Bien, bien, sur quoi donc souhaitez-vous jeter votre dévolu ? Une de votre âge ? Une plus âgée ? Une plus jeune ? Très bien, je vais donc vous mener devant les plus jeunes. Suivez-moi, dit-il d'un air complice avant de passer dans une arrière-boutique.

Se dévoilant derrière un rideau rendu noir par la saleté, une trentaine de filles se tenait en lignes dans une salle au plafond bas. Les plus fières, les plus récentes relevaient encore la tête alors que les plus anciennes, les moins fortes de caractère baissaient les yeux à chaque nouvel arrivant, à chaque bourreau potentiel. Les tenues différaient de l'une à l'autre, allant de la simple tunique aux fins yukatas brodés, témoins de leurs anciens niveaux sociaux. Certaines arboraient des vêtements porteurs de phantasmes, des vêtements de cuir serrés découvrant une quantité indécente de peau, des tenues réservées aux mikos et bien d'autres encore. Toutes étaient ou avaient été belles. Certaines, la plupart avaient le corps recouvert de cicatrices. Les plus affaiblies tenaient à peine debout. Certaines – que le vieil homme désignait comme des déchets – étaient recroquevillées à même le sol, des rangs III. Toutes étaient plus ou moins sales selon le temps, le courage dont elles disposaient encore ; allant d'une peau quasiment parfaite, à une peau recouverte de fluides séchés – sang, larmes, etc... –.

Il s'arrêta finalement devant une jeune fille portant un yukata rose déchiré de part en part.


- Celle-là ? Non ? Une plus jeune ? Celle-là alors, fit-il en désignant une autre au regard fier, aux vêtements de cuir. Ah... Bon celle-là alors ? demanda-t-il face à la dernière du lot, une fille brisée par ce qu'elle avait vécu. Les longs cheveux châtains de la jeune fille lui tombaient jusqu'au bas des reins, encadrant ses tristes yeux verts. De magnifiques yeux verts perdus au milieu d'une peau détériorée par la souffrance. Une large tunique masquait ses formes, laissant le reste à l'imagination.
Soupirs dans l'assemblée. La petite s'effondra par terre en sanglots. Le vieil homme sourit en annonçant le prix de la nuit. Des pleurs à déchirer le cœur sortirent du frêle corps de la fillette.


- Vous ne le regretterez pas, murmura-t-il, le visage fendu d'un sourire torve. La saisissant par les cheveux, il ouvrit le chemin jusqu'à une petite chambre douteuse de rang II. Quatre tatamis, un futon crasseux jadis blanc, des chaînes, des cordes et d'autres ustensiles encore tous plus ou moins couverts de sang séché.

- Dans quelle position souhaitez-vous la prendre ? Sur le futon ? Très bien. Je l'y accroche.

Toujours en pleurs, la jeune fille se laissa sangler au futon, bras et jambes écartés, vulnérable à toute méchanceté.

- Voilà, le matériel se trouve un peu partout dans la chambre. Si vous payez, vous pouvez aller jusqu'au rang III avec elle. Elle ne vaut plus grand chose, trop d'hommes sont passés pour qu'elle puisse encore être en état... Je vous laisse.

La tunique entr’ouverte beige dévoilait un corps aux courbes parfaites, marqué par tous les passages endurés. Des marques de brûlures, de coups de fouet, de coupure étaient encore rouge vif, n'ayant pas eu le temps de cicatriser entre les clients. Désespérée, il ne restait plus rien de sa prestance d'antan. La porte se referma la laissant seule avec le nouveau client.

Pitié, ne me faites rien. Pitié, j'ai déjà trop souffert. Si vous voulez me tuer, faites-le tout de suite. Voilà ce qu'elle aurait voulu dire si elle en avait encore été capable. Mais tout ce qui sortit de ses lèvres ne fut que sanglots et cris étranglés. Ses yeux émeraude emplis de larmes, eux, suppliaient du mieux qu'ils pouvaient le nouveau bourreau, le nouveau malade. Dans ce mutisme qui le caractérisait si bien, il s'approcha de son beau jouet.

Le corps entièrement recouvert de vêtements noirs, il s'approcha de sa victime et se mit au dessus d'elle, détachant une sacoche dans un tintement métallique. Le tintement reconnaissable du métal des armes s'entrechoquant. Un maniaque des armes. Un kunai saisi, sa main armée se rapprocha. Plus que quelques secondes avant que la douleur ne l'envahisse de nouveau. On pourrait penser que l'on s'habitue à ce genre de choses, mais ce n'est jamais le cas. A chaque fois elle s'empare de vous et vous retourne les tripes comme la première fois. La seule chose qui change est, au fur et à mesure que le temps passe, l'espoir qui disparaît petit à petit. La lame se rapprochait maintenant dangereusement de son bras. Le poignet était maintenant immobilisé par sa main gauche. Elle ferma les yeux alors que le coup venait de partir. Les yeux fermés, l'instant se figea dans l'esprit de la jeune fille. Un moment dans lequel il fallait rester, sans laisser ce futur douloureux l'atteindre. La deuxième main maintenant, puis les jambes. Le moment était venu de rouvrir les yeux. Accepter l'atrocité du présent. Puis pleurer, crier de toute son âme. Maintenant.

... Rien. Rouvrir les yeux. La forme sortait de sa sacoche un petit pot en métal qu'il ouvrit. Le déposant sur le côté, il retira délicatement sa tunique à la pauvre femme. Les liens qui la ligotaient avaient été rompus. Nue, complètement nue face au regard de cet inconnu. Paniquée, elle se traîna à genoux dans un coin de la pièce pour s'y blottir. Le client la suivit et s'agenouilla calmement près d'elle, ouvrant le pot, il s'enduisit les doigts de la matière noire préservée dans le récipient, puis l'appliqua, petit à petit, sur les blessures encore ouvertes de la femme. Ca brûlait. Après en avoir consciencieusement mis sur chacune des lésions de son corps meurtri, il sortit de sa sacoche un petit bol qu'il remplit d'eau. Un petit tissu dans la main, il épongea le corps affaibli de part en part. Les sanglots cessèrent peu à peu, laissant place au doute. Le corps entièrement lavé, il lui donna des boules de riz qui furent rapidement dévorées. Elles rappelaient à la jeune fille celles que faisait parfois sa mère pour ses déjeuners. Puis un peu de thé froid. Ce n'était pas un client normal, il y avait quelque chose de particulier. Normalement il aurait fait sa passe, l'aurait torturé puis serait parti la conscience tranquille. Pourquoi restait-il à la soigner sans rien lui faire de plus ? Sans la toucher de façon indécente ? Non que ce soit pour lui déplaire, mais cela restait intriguant. Il était trop calme, trop doux, trop attentionné.

Une main gantée se posa sur son visage, écartant doucement les cheveux qui passaient devant ses yeux, dévoilant par là même des marques de strangulation. Les mains de l'homme saisirent ses épaules et la serrèrent contre lui. Comme s'il retrouvait quelqu'un dont il avait été séparé pendant des siècles. Comme si le fait de la serrer contre lui pouvait les faire fusionner pour qu'ils ne soient plus qu'un. La jeune femme se remit à pleurer. La gentillesse de l'inconnu avait fait ressurgir en elle des sentiments, des émotions qu'elle pensait à jamais disparues. Espoir, compassion, amitié, amour. Autant de choses qui avaient trop longtemps été remplacées par un désespoir sans fond. Les pleurs de la jeune femme furent finalement rejoints par ceux du jeune homme qui pleurait lui aussi. Toujours en pleurs, malgré son masque, l'homme déposa un baiser sur la joue de la fille. Puis se défaisant de l'étreinte, il lui donna une nouvelle tunique noire et lui fit signe de l'enfiler. Calmée, la jeune fille tenta d'en découvrir plus sur son mystérieux client. Il était à peine plus grand qu'elle, avait méticuleusement masqué toutes les parties de son corps et gardait ses yeux dans l'ombre pour qu'on ne puisse les voir. Il faisait actuellement l'inventaire de ce qu'il lui restait dans sa sacoche. A priori plus grand-chose, compte tenu de tout ce qu'il en avait déjà sorti. Un kunai et de l'argent. Point. Il se releva et invita sa compagne à faire de même. Se relevant déjà difficilement il était visiblement impossible pour celle-ci de se déplacer par elle-même. Aussi il décida de la prendre sur son dos. Sans piper mot elle s'exécuta. Quoi qu'il compte faire d'elle ce ne pouvait être pire qu'ici. Il sortit dans le couloir et commença à se diriger en direction de la sortie. Le vieil homme ne voyait cependant pas les choses de cet œil-là. Après un sifflement aigu deux hommes ressemblant plus à des gorilles qu'à des humains firent irruption dans le hall miteux.

C'était la fin, la fin de cette belle idylle d'un soir. Déjà prête à redescendre de sa monture provisoire, cette dernière ne voyait cependant pas les choses de cette façon. Les coups pleuvaient sur lui. Plusieurs bruits furent les messagers des craquements de ses côtes. Cependant malgré cela, il agita quelques instants les mains de façon ésotérique et cria quelque chose d'incompréhensible. Un éclair surgit de nulle part et envoya valser les deux hommes contre le mur. Une vague de haine et de rage avait empli le garçon, une haine indicible, sans fin et sans retenue. Suivant de près, la rage apparut elle aussi. Il ne s’agissait plus que de tuer. Rien d’autre ne comptait plus.

Ne faisant plus attention à la jeune femme, le garçon courut sur le répugnant vendeur et lui asséna un premier coup dans le ventre. Se courbant en avant, sa tête – celle du monstre – fut immobilisée et un coup de genou percuta violemment son visage dans un craquement sonore. Le nez avait cédé sous la violence du coup. Du sang coula le long de la jambe du haineux, mais cela ne le découragea en rien de rouer de coups le dos du blessé. Coup après coup, craquement après craquement.


- Arrête ! Cria la jeune fille horrifiée par tant de rage.

Un éclair venait de zébrer les ténèbres. Un éclair d’une pureté éclatante dans un monde d’une noirceur quasi-infinie. Une noirceur pourtant parvenue, qui s’était installée dans les tréfonds de l’âme tourmentée du jeune homme. L’espace d’un instant, la blanche pureté envahit tout ce néant et le remplit. Rage, haine, colère ; autant de sentiments qui disparurent aussitôt. Pourquoi faisait-il cela ? Il n’était pas nécessaire de s’acharner, il était déjà hors de combat, alors pourquoi continuer ? Quand la lumière disparut, il avait arrêté de donner des coups et était maintenant debout, entouré par les gorilles paralysés par une aura aussi meurtrière.

Profitant de la paralysie passagère de ses adversaires, le garçon courut dans la nuit noire, laissant derrière lui un établissement d'une perversion sans nom. Se jurant qu'il viendrait régler le compte de chacun des responsables, le jeune homme quitta les lieux en portant l'ancienne captive.

Courir. Fuir. S'enfuir. Ne pas se laisser rattraper par la noire étreinte du malheur. Courir vers des cieux plus radieux.

Submergée par trop d'émotion, la jeune fille s'endormit sur le dos de l'inconnu, et ce malgré la peur qu’elle ressentait. Quel genre d’homme pouvait être aussi violent ? Plusieurs heures plus tard, quand elle se réveilla, il courait toujours, sautant d'arbre en arbre, de rocher en rocher, vers un objectif que lui seul connaissait.

Ce ne fut que le lendemain, au crépuscule qu'ils arrivèrent à destination. Une petite maison à la lisière d'un village, avec plus au loin la silhouette d'un grand arbre. Quand ils entrèrent, il n'y avait personne, des restes de riz et les traces d'essais désastreux pour faire du thé étaient la preuve que c'était bien là le logis du jeune homme. La jeune femme se recroquevilla contre un mur. Le mystérieux jeune homme posa sa tête sur les genoux de la jeune femme et s'assoupit aussitôt. Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait pas dormi et avait visiblement accumulé trop de fatigue pour tenir plus longtemps. Aucune malveillance ni méchanceté ne se dégageait de lui. Rien ne laissait deviner qu’il pouvait être aussi sanglant. Malgré toutes ces heures en présence de la vulnérable jeune fille, rien n'avait été tenté. Une fois il s'était arrêté, l'avait laissé se dégourdir les jambes et l'avait encore une fois serré fort contre lui. C'est tout ; des sentiments fous et malades qui s’étaient présentés précédemment, plus rien ne restait. Il lui restait l'innocence et la gentillesse d'un petit garçon. Lui retirant délicatement son masque, elle lui découvrit une peau blanche comme les neiges éternelles.

Une petite flamme jusqu’alors oubliée refit surface dans l’esprit de l’ancienne captive, une petite flamme que les sévices et la souffrance avaient masquée. Guère plus qu’une étincelle qui remontait à son enfance, une enfance heureuse qui s’était brutalement arrêtée un soir de tempête.

Non ce n'était pas possible ! Il ne peut pas être...

Pour la première fois, une voix qui n’était pas la sienne se fit entendre. Une voix grave et douce, une voix qui s’était tue peut-être depuis trop longtemps.


Okaerinasai... Imouto...

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Re: [BackGround] Ikari Reisei

Message par Ikari Reisei le Lun 5 Mai - 17:46

刃先


Dépassant timidement derrière la montagne, la Lune débutait calmement son office. Un nuage paresseux cacha un moment l'astre, la découvrant plus grande qu'auparavant. La douce lumière qu'elle dégageait suffisait à éclairer la prairie. Un arbre majestueux trônait en son centre, un cerisier en fleur. Une légère brise se fit sentir. L'oscillement des branches créait une paisible mélodie alors que les pétales libérés formaient dans leur chute une neige rosée. Au loin, un petit ruisseau composait une légère symphonie. Tel était le paysage qui s'offrait à la vue de tous, tel était le tableau qu'admirait en silence Hasaki Kyogi.

Jeune fille au teint distingué et à la mine fraîche, elle incarnait tout ce que l'on pouvait attendre d'une fille de son âge, d'une jeune fille qui vivait son treizième printemps. Manières, élégance, raffinement et pourtant cette petite chose qui lui donnait une certaine fraîcheur. A l'instar de ses longs cheveux, les yeux de la nymphe étaient bruns. Un brun chaud, accueillant, qui mettait tout de suite en confiance. Vêtue d'un yukata blanc immaculé, elle aurait facilement donné l'impression d'être une poupée de porcelaine. Venant tout juste de réussir les examens de l'Académie, elle allait passer les quelques jours de libres qu'elle avait auprès de sa grand-mère. Certes voyager seule n'était pas très sûr, mais elle venait d'être promue Genin, ce n'était pas rien. Et puis rien ne pouvait lui arriver sur une distance si courte. Enjouée par la possibilité de revoir Obaa-san, elle se mettait à courir parfois sur plusieurs mètres, avant de s'arrêter tout essoufflée. Puis elle repartait de plus belle, s'immobilisant parfois soudainement pour observer un petit insecte, un oiseau en retard sur son horaire, un petit mulot ou même plus simplement la beauté de la lune. Arrivée sous l'arbre centenaire, elle fit une pause. Un nouveau coup de vent provoqua à nouveau un chute de "neige". Fermant les yeux, ouvrant les bras, elle fit plusieurs tours sur elle-même, appréciant la sensation que provoquait chaque collision avec les pétales. Elle était seule perdue au milieu de cet océan rosâtre. Cependant, quand elle rouvrit timidement les yeux, un homme était là.


- Mademoiselle, faites encore un pas et je vous défigure ! fit sa voix éraillée alors qu'il agitait une petite fiole au contenu fumant.

Le visage blafard et encadré par de longs cheveux noirs, dégoulinant de graisse et de sueur, portait les marques d'une grave brûlure. Une tenue de ninja en loques reposait sur son corps fébrile et frissonnant. Sur son brassard trônait le symbole d'Oto.


- Rapprochez-vous lentement mademoiselle, les mains en évidence, siffla l'agresseur.

L'espace d'un instant, sa longue langue sortit de sa grotte pour aller humidifier ses lèvres gercées. Chaque pas qu'elle faisait lui permettait de mieux voir son visage ravagé par les brûlures, les coupures, les boutons et Dieu sait quoi encore. Par certains endroits la peau pelait et c'était tout un lambeau qui pendouillait lamentablement. Résignée à lui obéir pour ne pas se voir défigurée, blessée ou même pire tuée, Hasaki s'exécuta. Arrivée suffisament près pour sentir l'haleine putride du ninja, ce dernier tourna autour d'elle et lui ligota les mains dans le dos. Elle était paralysée. Elle aurait bien tenté de fuir, de courir aussi loin que possible, mais l'aura de l'autre lui faisait tout de suite abandonner ces idées. La corde lui lacérait la chair, mais pourtant elle ne fit pas un bruit.


- Mademoiselle, si vous voulez bien avancer. Voilà, près de l'arbre, c'est parfait. Maintenant, mettez-vous accroupie.

En appuyant légèrement sur l'épaule de la jeune fille, il la fit basculer en avant. Les avant-bras au sol, maintenus au niveau des poignets, la jeune fille ne savait pas ce qui allait lui arriver. En réalité, elle ne voulait pas savoir. Physiquement présente, son esprit fuyait petit à petit sa prison de chair. Relevant la fine étoffe de soie, puis baissant les sous-vêtements brodés de la jeune fille, un spectacle que le ninja d'Oto attendait de voir depuis bien trop longtemps se donnait maintenant à lui. Sortant sa lame de son fourreau, se plaçant derrière elle, il se préparait déjà à la jouissance qu'il allait en tirer. Il allait arracher au bourgeon son secret. Et ce serait bon !

Alors qu'il l'enfonçait dans la chair de la petite fille, elle poussa à peine un gémissement. Les va-et-viens sanglants continuèrent dans une sinistre mélopée. Plus ça allait, plus ses râlements étaient rauques. Plus ça allait, plus la douleur était intense. Un râlement, un gémissement. Cette symphonie continua un moment, jusqu'à ce qu'il serre de ses mains moites, le cou de la jeune fille. Serrer plus fort, encore plus fort. Les gémissements se transformèrent en cris étranglés. Malgré tous ses efforts, son esprit avait été rappelé par la chair et elle souffrait. Elle souffrait plus qu'elle n'avait jamais souffert. Plus qu'elle n'allait sans doute jamais souffrir. Un râlement plus rauque que les autres, un cri plus strident que les autres, en l'espace d'un instant, une jeune fille était devenu, contre son gré, une femme. Sous une lune glaciale, un bourgeon venait de se transformer en fleur souillée...

Se retirant lentement, comme pour cacher se qu'il venait de se passer, il remonta les sous-vêtements souillés, rabaissa le tissu rosé et dit presque timidement :


- Tu vois ? Il ne s'est rien passé de grave. Tu n'es pas blessée, tout va bien. D'accord ? Je vais maintenant défaire tes liens et tu pourras y aller comme si rien s'était passé. D'ailleurs, il ne s'est rien passé, tu vois ? Alors, je vais maintenant m'en aller, et on en se reverra plus jamais, tu pourras oublier mon visage et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Quand l'adulte sembla assez loin, et qu'elle eut assez de force, Hasaki Kyogi se recroquevilla sur elle-même et se mit à pleurer. Durant tout l'acte, elle n'avait pas pleuré. Non, elle avait juste laissé la douleur devenir partie intégrante d'elle-même. Maintenant, que celle-ci commençait à disparaître, elle prenait conscience d'une réalité bien plus dure, elle se heurtait à une douleur bien plus réelle. Aucun cri ne pouvait l'en soulager, seulement les pleurs et les larmes. Immobile, blessée jusqu'aux tréfonds de son âme. Hasaki resta là. Mourir était son seul désir. Plus rien n'avait de sens, si ce n'est la grande faucheuse. Elle souhaitait que cette grande dame blanche vienne la prendre. Qu'elle l'emmène autre part. La pluie commençait à tomber, parfait, avec un peu de chance elle arriverait à se noyer.

Prostrée, elle ne remarqua pas tout de suite que la pluie avait cessé de tomber sur son visage. Un jeune garçon tout blanc se tenait au dessus d'elle. Un petit ange qui très doucement lui dit :


- Tu viens au chaud à la maison, Onee-chan ?

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