Appartement de Kerun [Option Background incluse]

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Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Dim 18 Nov 2007 - 21:59

L' appartement où Kerun s' était installé depuis maintenant deux ans pour ne plus voir ses "parents" à longueur de journée trônait au dernier étage d' un immeuble commun, il consistait en une grande pièce et une petite salle de bain. La pièce principale était munis de deux fenêtres orientées au Nord et à l' Est, dans un des coins, Kerun avait installé un grand matelas à même le sol agrémenté d' une dizaine de coussins qui se trouvaient parfois autour de la table basse à quelques mètres, un large bureau de bois qui semblait n' avoir jamais été en ordre était plaqué contre le mur opposé, on y voyait des carnets de notes, des livres divers, un cendrier et tout un nécessaire à la fabrication et à l' entretien de marionnettes, il y avait aussi plusieurs pièces à l' utilité obscure non encore finalisée. Au dessus, des plans et des croquis de pantins présents ou futurs (Voir parfois inconcevables). Le centre de la pièce était inoccupé et servait principalement aux tests et à l' entraînement. Dans le dernier angle, une kitchenette qui servait peu au marionnettiste qui préférait les diverses échoppes qui bordaient la rue en contrebas. L' ensemble dégageait l' impression d' un chaos contrôlable uniquement par celui qui l' avait provoqué.

~~~~~~~


Pour l' instant, le propriétaire était allongé sur le matelas, plongé dans ses pensées. Il avait quitté son équipe d' un vague "Bon, bah à plus." avant de s' éloigner nonchalamment. L' impression qu' il avait laissée lui importait peu, d' ailleurs, le regard que lui portaient les autres ne l' avait jamais intéressé, mais selon lui, il y avait des chances pour que ça passe. Il attendait le lendemain et la première mission pour savoir ce qu' il en était vraiment.

Bon, le Nova a l' air sympa, par contre, va savoir si en tant que bras droit du Big Chief il sera pas tout le temps overbooké... Boah après tout ça me laissera plus de temps. Ce qu' il me faudrait, c' est un truc spécial sur ses marionnettes, ils disent que Sasori transformait des humains en marionnettes, c' était une grande idée, mais va voir comment il a finis. Il n' empêche qu' il avait trouvé SA marque de fabrique, un concept que personne avant lui n' avait imaginé, et qui avait finis par tous les mettre sur le cul. C' est ça qu' il me faudrait. Mouais enfin, d' abord ça demandera du temps, et sûrement des sacrifices...Hmmm, entre temps, ce qu' il me faudrait c' est...

"Une nouvelle arme."

Il avait prononcé cela à voix haute en ouvrant les yeux. Avant de trouver un nouveau concept pour ses marionnettes qu' il n' avait sûrement pas les capacités de mettre en oeuvre, il lui fallait une arme nouvelle, que personne avant lui n' avait pensé à inclure dans une marionnette, peut-être même un objet que personne n' avait encore considéré comme offensif. Il s' assit un instant sur son matelas, son esprit passait en revus tout ce qu' il connaissait de tranchant, contondant, en clair, tout ce qui pouvait servir comme arme. Devant l' ampleur de la tâche, il se rendit à son bureau, tira un parchemin et cigarette à la bouche, nota tout ce qui lui venait à l' esprit.

Bon, toute les armes blanches basiques, on oublie c' est trop connue. Tout le matos ninja aussi, de toutes façons, sont déjà équipées. Poisons, oui, pourquoi pas après tout, mais c' est aussi assez connue, ou alors un poison très spécial et je suis assez nul dans ce domaine, en attente donc. Des outils ? Ouais, un peu stupide comme truc, pas top efficace en plus. Quoi que...quoi que y' a peut-être à voir...

Puis, ce fût l' illumination, abandonnant son pinceau, il éteignit sa cigarette, pris son sac et sauta par la fenêtre. Il se propulsa ensuite pour atteindre finalement le sable en contrebas. Il s' arrêta un instant en voyant les gens un poil surpris de voir un homme tomber du ciel. Avec un sourire en coin, il courut vers un magasin qui vendait absolument de tout, depuis les armes à la nourriture, un petit bazar où Kerun venait souvent faire ses ravitaillements. Le vieil homme à la caisse l' interpella quand il le reconnut :

"Bah dis donc Kerun, t' as déjà épuisé ton stock, t' en as tué combien ?
Aucun mon vieux, je cherche juste un truc.
OK bah j' espère que tu trouveras ce que tu cherche..."

Le marionnettiste parcourut les étagères les unes après les autres, finalement, au fond du magasin, recouvert de poussière, il trouva pile ce qu' il cherchait. Il retourna chez lui, son achat sous le bras. Il posa le tout sur le bureau, fit de la place d' un geste du bras et sortis une grande feuille qui lui servait pour les plans des pantins, il exécuta les tracés déjà prêts dans sa tête. Avec un peu de chance, tout serait prêt pour la mission du lendemain...


Dernière édition par Kuranagi no Kerun le Jeu 6 Mar 2008 - 21:58, édité 1 fois



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Jeu 6 Mar 2008 - 21:57

Mediatio I :

Il était en mission et n’ avait pas rejoint son appartement depuis bien longtemps, la poussière s’ accumulait peu à peu et le désordre ambiant qui semblait inhérent à la pièce s’ était figé lorsque sa principale source s’ en était allée, la fenêtre était restée ouverte, mais personne ne s’ intéressait à cette pièce où un simple regard affirmait de la totale non-existence de quelques valeurs que ce fût. Juste quelques objets de la vie quotidienne, quelques breloques gardées par pur nostalgie ou sentimentalisme et des monceaux de carnets et de schémas incompréhensible par un autre que son auteur, qui lui-même parfois hésitait devant plusieurs formulations qu’ il ne clarifiait jamais réellement. Le seul objet pouvant attirer l’ attention : un pesant volume à la couverture de cuir posé sur un amas de feuilles volantes, son possesseur n’ avait jamais réussis à en comprendre le nom, ce n’ était pas son alphabet, et même, aucun érudit n’ aurait pus lui dire que les lettre gothiques formaient les mots « Mémoires Noires ». Il ne comprenait pas non plus un traître mot du contenu, l’ ouvrage avait été noirci sur des centaines de pages, l’ histoire s’ arrêtait vers son milieu, là où l’ encre couleur de jais laissait place à encore d’ innombrables pages jaunies. Ce récit est long, et il ne traite pas du sujet qui m’ intéresse pour le moment, c’ était il y a longtemps… L’ intérêt désormais, se trouve à l’ opposé de l’ ouvrage, le retourner amène à observer un autre récit, qui ne semble pas encore terminé, quoique ce dernier s’ approchât inexorablement de l’ autre partie. Il ne se l’ est jamais expliqué, et n’ en comprend pas plus le sens, il serait de toutes façons bien intrigué s’ il savait que le verso de l’ obscur ouvrage relatait sa propre histoire, fragments de vie qu’ il se plaît à oublier…


Anamnèse :


Au dehors, il pleut à verse, le ciel grisâtre semble pleurer. Peut-être est-ce le cas, il le ferait alors consciemment, car le bruit des multitudes de perles s’ écrasant sur le sol masque des cris. Ce n’ est pas une bataille, bien que cela aurait pus l’ être, ces hurlements appartiennent à un bébé, il vient à peine de s’ éveiller à la vie, cependant, les regards de ceux qui l’ entourent ne portent aucune marques de bonheur ou soulagement qui conviendraient à l’ évènement, ils sont tous crispés, même la mère n’ a pas sentis le soulagement qu’ elle espérait. Pourtant, l’ enfant semble tout à fait normal et en bonne santé, mais ce sont ses cris, ils diffèrent radicalement de ceux que les médecins ont l’ habitude d’ entendre en de telles occasions, ce ne sont pas des pleurs, ni même des gémissements que personne n’ est jamais à rattacher à une émotion, dans ceux-ci, transpercent la terreur, mêlé à ce qui semble être une haine infinie, sentiments infiniment incongrus pour un nouveau né. Ce qu’ ils ne savaient pas, c’ est qu’ ils n’ étaient pas seuls dans la pièce, en fait, seul l’ enfant le voyait distinctement, fait normalement impossible à la naissance, peut-être était-ce dus au fait que la silhouette dégageait une aura indescriptible qui semblait former un halo suintant de hargne, les ténèbres semblaient s’ accentuer autour de lui, mais l’ être drapé dans un long linceul noir esquissait un rictus malsain, ses yeux couleur sang si terrifiants étaient mi-clos, mais une lueur d’ amusement transparaissait dans sa silhouette, il dévoila sa mâchoire, tordant sa peau blanchâtre avant de lever la main vers le visage du nouveau né dont les hurlements redoublèrent :

« Un jour, tes yeux s’ ouvriront… »

L’ enfant n’ avait bien sûr rien compris de la sinistre sentence, ses sens étaient à peine apparus et il lui était impossible de comprendre ni même de discerner les sons, mais, ces mots semblèrent instantanément se graver dans son esprit, et sans même le savoir, il comprit, il comprit qu’ il lui faudrait attendre que sa si jeune conscience s’ élève à un niveau suffisant pour pleinement s’ imprégner de ce qu’ il venait de se passer. Cela semblait un déclic précoce de son esprit qui s’ éteignit instantanément, le monde alors redevint aussi flou et incompréhensible qu’ il ne l’ était à son arrivé, seul restait Lui, si immense, si terrifiant, mais à la fois, tellement débordant de haine et de malice qu’ il en était attirant. Il n’ avait aucune idée du concept de père ou mère, ni même de la vie, mais il sut qu’ il pouvait s’ apparenter à une résonance de cet être qui l’ attirait et le révulsait, si effrayant, mais si puissant, il était comme un papillon face à une lumière, prêt à se brûler par désir, il aurait voulus que cet instant dure l’ éternité, bloqué face à ce regard qui l’ emplissait de peur et de désir, ces yeux rouges si intenses, ce regard où semblait emprisonnées des milliers d’ âmes mortes en son nom, lorsque son bras s’ était relevé, il avait dévoilé ses vêtements, de même teinte que le linceul, il avait juste aperçus un cylindre d’ une trentaine de centimètres pendant à une ceinture de cuir, le métal argenté, malgré le contraste qu’ il offrait avec l’ ensemble, semblait tellement faire partie de son propriétaire qu’ on ne pouvait l’ imaginer en un autre endroit. Durant un instant, le temps sembla s’ arrêter, l’ air se fit plus lourd, l’ atmosphère pesante, cela semblait si puissant que même les autres personnes présentes dans la salle eurent la violente impression de sentir cette présence si étrange. Enfin, l’ être sembla se dissiper peu à peu, les ombres de la pièce s’ accentuèrent et la silhouette se fondit en elles, comme si cela avait toujours été sa place, avant de se transformer en boule d’ obscurité qui entra en hurlant dans le crâne de l’ enfant. Alors, le silence se fit, plus de voix, plus de cris, juste la sensation d’ une nouvelle pulsation qui s’ alluma en lui. Il n’ avait encore ni mot ni émotion pour mettre un nom à ce qu’ il venait de lui arriver, mais il avait déjà rencontré la peur avant de la maîtriser, ainsi que la haine, qu’ il avait intériorisé. Son esprit se referma au même rythme que ses yeux, et les expressions désormais incrédules de ceux qui l’ entouraient s’ estompèrent doucement avant de s’ évanouir alors qu’ il tombait de sommeil. C’ est à ce moment que les voix se firent entendre pour la première fois. Cette fois-ci, il ne les comprit pas, cependant, et même si leurs psalmodies inhumaines ne firent que légèrement troubler son sommeil, le sentiment de haine aveugle et de colère restée trop longtemps muette influencèrent à jamais le caractère du garçon.

« Etrange n’ est-ce pas ?
Effrayant même… »

Les voix de l’ homme et du médecin en fait, suintaient d’ une peur sourde tandis qu’ ils observaient avec circonspection le corps du bébé dans les nurserie. Il semblait si paisible, et même l’ espace d’ un instant, un semblant de sourire se dessina sur son visage, ils n’ auraient osés se l’ admettre, mais ce petit bout de chair rose si faible et si inoffensif les avait terrifiés. Ce n’ était pas seulement sa réaction à la naissance qui avait engendré ce sentiment qui semblait ne pas vouloir les quitter, mais cette atmosphère dans laquelle avait été plongée la salle d’ accouchement lorsque la vie s’ insuffla dans cet amas de chair et d’ organes. Sur une plaque accroché au berceau de cet être, un nom avait été inscrit en caractères noirs : Kerun.


Dernière édition par Kuranagi no Kerun le Mer 12 Mar 2008 - 19:34, édité 1 fois



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Mer 12 Mar 2008 - 19:33

Mediatio II :

Peu à peu, cette histoire s’ est écrite, elle n’ a pas besoin d’ auteur, Il a juste besoin de regarder cet enfant babillant évoluer, les mots à l’ encre noire s’ inscrivent les uns à la suite des autres comme si un dieu malicieux se plaisait à en ordonner l’ écriture. Ce n’ était pas le cas, mais cette théorie se rapprochait de la réalité, en fait, elle était bien plus source de folie pour celui qui s’ en serait rendus compte, car si l’ Homme est si faible, c’ est uniquement du fait que par peur, il a fermé son esprit à ce qui lui semblait irréalisable. La vérité a toujours été ailleurs, là où plus personne ne voit, là où vous êtes aveugles, là où vous vous êtes bandés les yeux pour ne pas la voir, elle se tient cachée dans les ténèbres pour que vous ne sombriez pas dans les abysses de la folie, bienveillante réalité, elle vous fait vivre dans une illusion qui a pour base vos esprits si aveugles, malveillante vérité. De ceux qui l’ ont vus, beaucoup l’ ont refusé, et plus nombreux encore furent ceux qui préfèrent les errements de la Mort plutôt que de la reconnaître, des rares qui l’ ont accepté, tous se sont abandonnés à leurs plus sombres désirs maintenant révélés, vous les traitez de monstres alors que vous êtes les seuls abominations, pour cela, ils vous détestent, tous autant que vous êtes. Ils haïssent votre ignorance du fond de leur cœur, vos pensées aveugles les font vomir et votre simple vue leur est insupportable, alors ils préfèrent vous tuer, se délectant de vos souffrances et de votre anéantissement, lorsque dans votre dernier soupir, vous l’ entr’apercevez, c’ est pour eux un plaisir de vous apprendre la vérité, car vous jouissez plus que jamais, sachant que vous l’ avez vue et vous vous en êtes débarrassés si vite. Alors, quand tous les habitants d’ une contrée l’ ont vue, ils voyagent en des ères différentes où ils s’ amusent de voir vos religions vous montrer de si belles vérités avant d’ exhiber celle qu’ ils ont vus tout en lacérant vos chairs. Et parfois, ils laissent cette tâche à un nouveau, le choisissant à ses débuts, et préparant avec une patience d’ immortels, le moment où ses yeux s’ ouvriront.


Wrong Way Home :


Il pleut encore, mais ça, il ne s’ en rend toujours pas compte. Pour lui, si innocent, c’ est à peine s’ il se rend compte qu’ il se passe quelque chose. Pour lui, tout est parfaitement normal, et après tout, personne ne peut lui donner tort. Cela fait encore moins d’ un an qu’ il est là après tout, son monde est celui que l’ humanité entière lui envie, son berceau, ses jouets et ses parents. Rien d’ autre ne compte, malheureusement, il est au Paradis et ne s’ en est pas aperçus, comme Adam et Eve, il en sera bientôt jeté sans en avoir profité, car la vie attend le moment opportun pour frapper, détruire son Paradis pour l’ amener en Enfer, l’ endroit que les humains ont préférés appeler le Monde. Il n’ y a que quelques signes annonciateurs, et paradoxalement, il s’ en rend compte sans le savoir : il sait qu’ ils sont autant d’ appels de l’ extérieur sans pour autant le calculer. Il est si innocent, si fragile que la vie est jalouse de son insouciance, aujourd’hui, ce petit prétentieux se fera éjecter de son Paradis, bien qu’ il vivra dans l’ illusion d’ y être resté durant quelques années, son Plan a été mûrement réfléchis, et l’ instant est parfait. Elle se délecte de cette éjection si grisante, différente de celles de la plupart de ces semblables, se faisant en douceur. Car pour cet être-ci, les signes annonciateurs ne sont autres que le fracas et le tintement que produisent deux lames de métal s’ entrechoquant avec force, se mariant à la perfection avec les hurlements bestiaux que produisent les humains en mourant. C’ est ainsi depuis plusieurs jours, mais maintenant, cela ira plus loin. Vient le fracas d’ une porte qu’ on ouvre avec violence et les pas précipités d’ une femme haletante dont tout le monde a oublié le visage, derrière elle sur le pas de la porte se tient un homme encore jeune, son front saigne abondamment, ainsi que son épaule droite :

« Kerun, chéri, on pars se promener !
Kaasa…bababa… »

La pertinence même, la femme ne peut retenir son sourire malgré la situation, il vient de prononcer son premier mot intelligible, malheureusement, elle sait qu’ elle ne pourra entendre la suite, ce sera le premier véritable acte de parole qui lui montrera son enfant, mais on ne peut empêcher la Vie même d’ être jalouse, ce sera le dernier qu’ elle entendra de ce petit bout de chair aux cheveux aussi noirs que ses yeux, un regard qui promettra d’ être profond mais qui pour l’ instant se résume à deux billes d’ albâtre inexpressive. Elle ne peut non plus s’ empêcher de pleurer, même si elle sait qu’ il ne se rappellera jamais d’ elle, maintenant, elle se surprit à s’ imaginer restant ainsi à jamais, gardant son enfant dans ses bras quoi qu’ il arrive, mais son instinct de protection reprend très rapidement le dessus, même si tous doivent mourir aussi, un vivra, car personne d’ autre n’ aura une chance comme celles qui s’ est présentée à eux quelques heures auparavant. Sous la pluie battante, ils courent à travers un dédale de ruelles, évitant les combats, s’ arrêtant et changeant de direction en cas de danger. Malgré ses blessures, sont père avance, ouvrant le chemin pour ceux qu’ il aime, son unique amour et son unique héritage, soudain, il sent un mouvement derrière eux, se retournant, il contemple les trois ombres aux regards menaçants apparues à l’ angle précédent, il empoigne un kunai et hurle à sa femme de courir, croisant son regard une dernière fois, il jette un œil sur son fils qui l’ observe sans comprendre. Il murmure un adieu et ses raisons de vivre s’ enfuient. Il fait face désormais, il n’ a jamais été plus loin que le niveau de Chuunin, mais il se battra avec l’ énergie du désespoir contre ces ombres pour laisser assez de temps à sa famille de fuir le plus loin possible.

Elle court à en perdre haleine, contenant ses larmes, elle se concentre sur sa course éperdue, elle y est presque, au point de rendez-vous, se refusant à penser qu’ ils aient pus partir ou être surpris, elle avance désormais sans se poser de questions, concentrée sur son but. Le sac dans son dos semble plus lourd que celui qu’ elle avait préparé, les reliques de la famille de son fils, il manquait juste un élément qui pour l’ instant pendait à sa ceinture. Elle ne savait pas, et n’ aurait jamais imaginé qu’ un lourd volume noir y avait pris place quelques minutes auparavant. Elle y était presque cependant, mais, alors qu’ elle s’ imaginait que tout était gagné, une douleur infernale se déclencha sur la droite de son bassin où un kunai était venus se loger. Son porteur était désormais en face de lui, un grand sourire s’ étirant sur son visage, déformant son faciès écoeurant, il avança vers celle qu’ il considérait déjà comme sa proie et son esclave. Mais son ardent désir l’ avait aveuglé, elle n’ avait jamais été ninja, mais le contact prolongé avec son mari lui avait appris bien des choses, et quelque soit son niveau, un homme ne résiste pas à un coup de poignard en pleine gorge. La dernière partie de l’ héritage, parfaitement ouvragé dans un alliage composite de métaux rares, un équilibre d’ une rare efficacité, et une lame aux tranchants acérés qui avaient pénétrés la peau du cou comme dans du beurre. Elle retira l’ arme et oubliant le sang qui maculait son visage ainsi que l’ atroce douleur de sa hanche qui se répandait désormais dans son corps, elle continua sa course effrénée jusqu’ à arriver à un talus, de l’ autre côté duquel attendait un couple de personnes de son âge aux corps masqués par de longs habits blanc os. Son corps ne pouvait plus tenir et amorça une chute rattrapée par un homme plus souple qu’ il n’ y paraissait. La Mort faisait déjà office en elle, lâchant le sac, elle s’ approcha du visage de l’ enfant pour l’ embrasser sur le front. Malgré le vacarme ambiant, il n’ avait ni pleuré ni crié, tout au plus, il avait parus fasciné par ce que ses yeux avaient vus, elle n’ avait plus le temps de le comprendre, le bébé passa entre les bras d’ une femme au visage fin avant que la mère ne s’ écroule, elle aussi souriait.

L’ homme grogna sous le poids du sac puis eu un regard vers son épouse, ils partirent, sur leur front, brillait le bandeau du Village Caché du Sable. Se camouflant du mieux qu’ ils pouvaient, ils réussir à s’ éloigner de la zone des combats sans se faire remarquer, le décor changea rapidement, après avoir passé une grande forêt, ils atteignirent enfin un endroit qui leur était plus familier. Le bébé qui n’ avait pas prononcé un son depuis leur départ se réveilla pour ouvrir un regard d’ émerveillement devant la masse de sable qui s’ étendait à ses yeux, c’ était si différent de son environnement habituel. La chaleur ne semblait pas non plus le déranger outre mesure et ses nouveaux parents étaient confiants quant à une fin de voyage sans incidents. Mais une nuit, incident il y eut, enfin, plutôt, étrangeté il y eut. C’ était leur dernière nuit dans le désert et ils se préparèrent à s’ arrêter face au froid qui commençait à envahir la masse de sable, mais soudain, il y eut un immense bruit provenant de l’ est qui réveilla le garçon, le bruit fut instantanément suivis par l’ apparition d’ une immense colonne noire à l’ horizon, selon la distance qui séparait le petit groupe de l’ inexplicable phénomène, ils surent que jamais il n’ auraient pus imaginer quoi que ce soit d’ aussi imposant. Le noir pilier était cerclé par intermittence d’ éclairs rouge sang, mais ils ne pouvaient entendre ce que le message que seul perçut l’ enfant : un long rire obscure se répercutant en écho sur les dunes. Le bébé eut alors la plus inimaginable des réactions, lui aussi éclata de rire :

« Tousan’ ! Ahaha ! »



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Jeu 3 Avr 2008 - 23:21

Mediatio III :

Et c’ est ainsi que l’ histoire a continué à s’ écrire. Pour la majorité du genre humain, cette histoire, ils l’ écrivent d’ eux-mêmes, ils s’ emparent du stylo à leur naissance pour le relâcher sur leur lit de mort, rien n’ est décidé d’ avance pour leur sort. L’ humain seul a put inventer le concept de fatalité, le destin. Comme ils se sont inventé des dieux pour y réfugier leurs peurs, pour savoir que quelqu’ un veillait sur eux, ils ont inventé le destin pour avoir quelque chose à blâmer lorsque leur vie tournait au drame. Car, étrangement, l’ homme qui a tout pour être heureux, n’ invoquera jamais le destin pour justifier sa réussite, il en reportera l’ honneur sur lui seul. Mais, celui sur lequel s’ abat le malheur sous n’ importe lesquels de ses formes, pointera du doigt ce qu’ il a appelé le destin, pour reporter ce qui ne sont que ses propres fautes sur une entité intouchable, ce sera sa façon d’ expier ses torts qu’ il est trop faible, trop fier pour se reprocher. Parfois cependant, il peut arriver qu’ un de ces êtres croise la route de personnes différentes, personnes, qui changent sa vie, en sa faveur, ou pas. Eux, ils pourraient être ce destin, car à côté de leur humanité, ils ont sut voir et imaginer à long terme, suffisamment pour prendre les décisions qui changeraient la vie de quelqu’ un, parfois même sans qu’ il ne s’ en aperçoive, ou même en doute. Ce sont des cas rares, et le plus souvent, ces changements restent mineurs, car ces personnes différentes ne le sont pas tant que cela. Il existe néanmoins, des histoires qui ne sont écrites que très peu par leur propriétaire, amoncellements de détails, c’ est tout ce qu’ ils arrivent à apposer sur leurs pages, car le reste, ce sont ces êtres différents qui s’ en chargent. Leurs intentions vont d’ un extrême à l’ autre, ils peuvent gorger un être de puissance et de pouvoir sans qu’ il n’ ait à imaginer quoi que ce soit, ou bien ils peuvent en faire un paria détesté de tous, condamné à une vie misérable. Mais le plus souvent, ils se contentent d’ ouvrir les yeux de celui qu’ ils ont choisis. Ce dernier ne peut y résister, car il s’ agit de leur volonté.


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Pour lui, il n’ avait jamais vécu autre part qu’ ici, et personne ne le démentait, vu que seul quelques exceptions savaient ce qu’ il avait vécu durant la première année de sa vie, et ces personnes savaient parfaitement bien jouer leur rôle, ils savaient et respectaient ce qui avait été décidé : rien ne devait jamais lui être dévoilé. Ils étaient heureux de ne pas devoir encore perturber ce petit homme qui l’ était déjà autant à leurs yeux, ils ne voulaient pas que d’ un coup, il se rende compte que ses origines étaient un pur mensonge, une illusion du début à la fin, lui qui leur semblait d’ habitude si étrange n’ avait aucune raison de le devenir encore davantage. C’ est vrai qu’ il était plutôt intriguant, enfin, seulement pour ceux qui savaient la vérité, les autres n’ arrivaient pas à remettre en ordre logique les multiples détails qui parsemaient son existence. Les gens du village qui le connaissaient s’ accordaient pour le qualifier dans le meilleur des cas de différent, et sinon de dangereux lunatique schizophrène. Il ne marquait pas vraiment les gens qu’ il croisait, mais leur laissait une impression étrange en travers de la gorge, après qu’ ils aient croisés ces yeux noirs qui semblaient lire leurs intentions comme dans un livre ouvert ou après avoir entendus ces paroles parfois froides comme la lame d’ un poignard, sanglantes remarques sortant d’ immondes vérités qu’ ils refusaient de s’ admettre. Cependant, six ans s’ écoulèrent dans un calme relativement plat, et si l’ on mettait à part l’ attrait démesuré du jeune Kerun pour la pluie, les rares fois où elle s’ abattait pour le village, son caractère changeant du tout au tout en un instant ou ses interminables rêveries sur les toits du village, durant lesquelles il se fermait complètement au monde extérieur, on pouvait lui imaginer un avenir tout à fait honorable.

Puis vint le jour où il fallut à ses parents adoptifs et leurs proches prendre une décision importante : lui permettre ou non de suivre les cours de l’ Académie Ninja du village, certains étaient pour, d’ autres contres et la discussion s’ enflamma pendant de longues heures avec forces d’ arguments plus ou moins recevables avant que la mère ne pose son veto en disant que quoi qu’ il arrive, son fils deviendrait un ninja. Et contre toutes attentes, il le devint, enfin, il fût inscrit et accepté à l’ Académie de Suna comme postulant au poste de Genin, ce qui, d’ après ce que tout le monde avait pus voir, ne lui aurait pas posé vraiment problème, le problème était ailleurs, et difficilement atteignable car se trouvant dans la tête du garçon. En effet, on n' aurait pus imaginer élève plus dissipé et incontrôlable, disparaissant de classe, ne venant pas aux entraînements, ne répondant pas aux questions posés et s’ intéressant beaucoup plus sur le « pourquoi » des ninjas plutôt que d’ en devenir un réellement. Enfin, ce n’ était pas vraiment le cas, seulement, il préférait faire seul ce qu’ il aurait dû faire en groupe, il n’ aimait pas être observé et encore moins faire des activités de groupe, il abhorrait le fait de se trouver avec d’ autres étudiants pour tenter de réussir ce qu’ il réussissait très bien à faire seul. Car c’ est à cette période que deux choses se produisirent, deux choses qui allaient changer sa vie.


La première fût sans conteste sa rencontre avec les marionnettes, un jour qu’ il se rendait d’ un pas maussade à l’ Académie, il s’ arrêta devant un bâtiment dont personne ne lui avait jamais parlé, pris d’ une curiosité soudaine dont la source ne fait aucun doutes pour certains, il contourna l’ édifice et s’ engouffra par une lucarne ouverte donnant sur une salle obscure au second étage. Arrivé à l’ intérieur, il ne vit premièrement rien, mais lorsque ses yeux s’ habituèrent enfin à l’ obscurité, il découvrit avec horreur qu’ il était entourée d’ une quinzaine de personnes immobiles, sauf que, son entrée n’ avait provoquée aucune réaction, toutes ces « personnes » restaient absolument calmes et indifférentes à sa présence. Enfin, il se rendit compte que ce n’ était qu’ une masse de marionnettes de toutes tailles et de toutes sortes, amoncellement amorphe de silhouettes obscures qui avaient déjà exercées leur charme sur lui. Sur un établi se trouvait un atelier de montage basique et un seul regard lui permit de commencer à comprendre les mécanismes incroyablement complexes que pouvaient receler les pantins, et dans sa tête, germa en un instant quantité de plans possibles ou impossibles, mais cela n’ avait aucune importance pour lui, ce qu’ il voulait, c’ était créer, contrôler, il n’ avait absolument aucune idée de la façon dont fonctionnaient ces marionnettes, mais il n’ en avait cure, il voulait sentir les amoncellements de bois et métaux frémirent et prendre vie grâce à lui. Il courus vers la table mais au passage, il ne prit pas gare et s’ emplafonna une des poupées qui tomba dans un fracas incroyable, il paniqua un instant avant de reprendre ses esprits, attendant un quelconque signe extérieur, il remit doucement l’ engin sur son support malgré son poids et repris son chemin vers l’ établi avant de se figer lorsque la lumière s’ alluma et qu’ une voix grave ne vienne l’ apostropher :

« Qu’ est-ce que tu fais ici ?
Euh, désolé sempaï ! Je…euh…
Qui es-tu ?
Kerun monsieur, désolé, je, je vais partir !
Attend. »

Le garçon se figeât, normalement quand ce genre de situation lui arrivait, il courrait à perdre haleine le plus loin possible de l’ endroit sans se retourner ni même chercher à se poser plus de questions. Mais cette fois-ci, c’ était différent, différent des fois où un ninja sévère ou n’ importe qui d’ autre le menaçait sur un ton qui n' admettait aucune défense, toujours, les gens étaient furieux de sa présence, mais cette fois-ci, la personne semblait juste intriguée par sa présence dans ce lieu si inhabituel. Profitant de ce moment, Kerun fit ce qu’ il faisait à chaque fois, il observait et jaugeait celui à qui il avait affaire, tentant d’ en savoir le plus sur lui grâce à son aspect extérieur. Il s’ agissait d’ un jeune homme d’ une vingtaine d’ années au visage fin et vêtu simplement d’ une large tunique noire, ses cheveux rouges en bataille et son regard profond impressionnèrent instantanément le garçon qui sut dès lors qu’ il allait lui faire confiance.

« Ces marionnettes t’ intéressent ?
Oui, plus que tout.
Tu viens souvent ?
C’ est la première fois.
Intéressant, tu voudrais en savoir plus ?
S’ il vous plait, ces pantins, ils sont si…
Je comprends, appelle-moi Sasori, Akasuna no Sasori. »

Et durant toute la matinée, et une large partie de l’ après midi, Sasori, alors simplement maître marionnettiste expliqua à Kerun les bases du Kugutsu no Jutsu, la manipulation des marionnettes, car le jeune homme avait compris instantanément le véritable sentiment du garçon à propos des poupées : elles l’ obsédaient, c’ était toujours comme cela, dans de rares cas, les jeunes enfants se retrouvant en présence de ces armes subissaient un sorte de coup de foudre, et il n’ était dès lors plus possible de les en détacher, ils gardaient alors ce sentiment à jamais, ou le perdaient au bout de quelques temps. Kerun était rentré par la petite porte, habituellement, il fallait passer plusieurs entretiens très stricts, mais le garçon avait retenu l’ attention du maître qui après quelques jours, le présenta à ses pairs qui l’ acceptèrent au début avec réticence puis avec le temps, bienveillance, les marionnettistes étaient rares et le garçon, bien que très peu communicatif, était comme animé d’ une sorte de foi fanatique et appris rapidement à faire se mouvoir les pantins, d’ abord avec beaucoup de peine, puis avec une facilité croissante. Tout le monde était conscient qu’ il séchait les cours pour venir, mais une sorte de statu quo avait été annoncé sur sa scolarité, car le jeune garçon, bien que peu réceptif au Ninjutsu et au Taijutsu, se montra rapidement doué en ce qui concernait le Kugutsu.


Le deuxième changement de sa vie s’ amorça en réalité dès sa rentrée à l’ Académie : le premier jour, lorsqu’ il posa les pieds dans la classe agitée, aucun des élèves présents n’ attira son attention, il les jugea tout de suite comme des détails, mais au dernier rang, tout en haut à côté de la fenêtre, un regard capta son attention. Lorsqu’ il vit ces yeux se poser sur lui, il y lut de la haine, une haine profonde, mais il y avait aussi quelque chose d’ autre, comme s’ il connaissait ce garçon ,qu’ il n’ avait jamais rencontré, depuis toujours. Il renvoya la même haine, et cette même impression de connaissance immémoriale avant de venir s’ asseoir d’ un pas lent à côté de lui. Pendant que le Chuunin chargé de leur apprentissage commença un discours passablement bateau, ils se jugèrent réciproquement, Kerun sentait dans ces yeux qu’ encadrait une chevelure entre le blond et le blanc quelque chose d’ indescriptible, comme s’ ils partageaient d’ ors et déjà des milliers de secrets, mais surtout, il y avait comme une aura étrange autour de lui, qui lui imposait crainte et respect, mais aussi, pas de l’ amitié, mais quelque chose qui y ressemblait :

« Kerun…
Raan… »

Tout avait été dit, selon eux, ils n’ avaient pas besoin d’ aller plus loin, cependant, vers l’ horizon qui se profilait au-delà de la fenêtre, il crut entendre un murmure d’ approbation suivis d’ un autre, plus amusé. Raan tourna lui aussi la tête vers cet horizon, puis, leurs regards se croisèrent de nouveau avant qu’ ils ne hochent la tête de concert. Les deux garçons avaient des caractères à la fois similaires et opposés, en tout cas, ils se complétaient parfaitement. Dans n’ importe quel exercice, il suffisait qu’ ils se trouvent les deux ensembles pour obtenir des scores bien au-delà de leurs niveaux séparément, bien au-delà que tous les autres groupes. Quand ils faisaient des mises en situations par groupe de trois ou quatre, les étudiants qui les accompagnaient étaient rapidement mis sur le carreau pendant qu’ ils s’ en chargeaient à deux. Ce fût durant le premier entraînement au lancer de shurikens qu’ ils se révélèrent : peinant pour atteindre ne serait-ce que le tronc d’ arbre sur lequel trônait la cible ou même mettant un temps cruellement long à ajuster leur visée, il leur suffit, comme appelés par l’ habitude, de se concentrer tout deux sur la même cibles, les armes volèrent alors en continue, et firent tous mouche sur le cercle qui fut bientôt entièrement recouverte, ils n’ avaient pas besoin d’ entraînement pour fonctionner à deux, c’ était une osmose d’ une efficacité redoutable. Leur dégoût pour les cours les amenaient souvent à se retrouver sur un toit de la ville et à rester là une journée entière, discutant peu, observant beaucoup, comme ils semblaient l’ avoir toujours fait. Lorsque Kerun développa son intérêt pour les marionnettes, leur relation ne changea pas, ils continuaient leur manège si particulier, manquant plusieurs années de suite l’ examen pour devenir Genin, autant par choix, que par flemme, ou même simple oublis. Ils se foutaient de toutes les normalités.



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Kuranagi no Kerun
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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Dim 18 Mai 2008 - 21:29

Mediatio IV :

En chaque homme réside bien des concepts et connaissances innées, pour son bien, l’ esprit les efface à la naissance, car un cerveau humain ne peut survivre à la révélation de ce qu’ il sait sans en avoir connaissance. L’ apport de l’ expérience est immense, le tout du monde va bien au-delà des connaissances de l’ esprit, mais certaines choses ne peuvent se découvrir, même en d’ innombrables années de voyages, certaines connaissances restent camouflées au fin fond de l’ esprit, attendant que son processeur viennent réclamer son dû. Immenses sont ces savoirs, plus terrible encore peut être leur utilisation, en effet, la Vérité réside en chaque être humain, la trouver consciemment exige d’ incommensurables sacrifices, et fort heureusement, il n’ existe d’ autres méthodes pour la voir. On ne rencontre pas la Vérité au détour d’ une ruelle, non, Sa recherche et Sa découverte ne peuvent être fortuites, un seul acte peut vous guider à elle, la métempsychose, la recherche de vos connaissances enfouies, c’ est ainsi qu’ un Homme peut se découvrir un don, une vocation, même tard dans sa vie, ces envies ne faisaient que l’ attendre. On naît avec ou sans le pouvoir de révéler la Vérité, c’ est un don entre beaucoup d’ autres, mais la Quête de la Vérité n’ est qu’ une chasse au Dahu, un Homme serein pourra la voir, à plus forte raison s’ il dispose d’ un guide, un des quelques Accompagnateurs qui parcours les Mondes, certains d’ entre eux disent même que les esprits atteignant la Vérité ne sont en réalité que fragment d’ une unique conscience, comme des dizaines de karma aléatoires. Ils savent que le jeune Sunajin dispose du Don, mais son Guide ignore pour l’ instant s’ il saura un jour l’ utiliser à bon escient.


Busy Doing Nothing



Le garçon affichait désormais une dizaine d’ années, et déjà une lueur de folie douce dans son regard, mais en ce jour, contrairement à l’ habitude, un mince sourire s’ étirait sur son visage, d’ ailleurs, il en allait de même pour son frère d’ armes, ces sourires étaient bien rares, la raison était simple : dans leurs cheveux brillaient le bandeau des Ninjas du Sable. Poussés à bout par les incessants commentaires de leurs professeurs, ils s’ étaient résignés à se débarrasser de ce qu’ ils appelaient une « formalité », l’ examen s’ était passé sans accrocs ni difficultés, ils avaient largement le niveau que l’ on demande aux Genin. L’ équipe pédagogique de l’ académie poussa un soupir de soulagement une fois qu’ ils furent sortis du bâtiment, ils avaient hâte depuis plusieurs années de voir partir ces deux fauteurs de troubles à l’ ironie et la répartie cassante, mais surtout, leur simple regard terrorisait les plus jeunes et mettait mal à l’ aise leurs camarades. Au début, les examinateurs semblèrent dubitatifs au fait de laisser ces deux énergumènes défendre le Village, surtout que Kerun ne montrait pas de compétences exceptionnelles ni en Ninjutsu ni en Taijutsu, cependant, alors qu’ ils lui posaient quantité de questions qui ne manquaient pas de l’ énerver, l’ aspirant Shinobi exécuta une série de gestes à l’ aide de ses bras, d’ une des large poches de son pantalon s’ extirpa alors un minuscule pantin de bois dont les mains avaient été remplacées par des lames de rasoir, la première véritable création de Kerun, celle a qui il ne donna jamais de nom, cette dernière s’ envola vers un des examinateurs qui, bien trop occupé à choisir la formulation de ses questions n’ eut pas le temps de réagir avant qu’ une des lames ne viennent frôler sa jugulaire. Le semblant de marionnettes cessa alors toutes activités et les examinateurs purent observer le garçon, concentré sur ses mouvements. Malgré l’ aspect peu orthodoxe de la manière dont il prouva ses capacités, celles-ci furent reconnues par les Chuunin qui lui donnèrent sa chance, les marionnettistes avaient beau être craints, ils n’ en restaient pas moins une fierté pour Suna. Le sourire de Kerun s’ étendit plus encore lorsqu’ il se remémora l’ examen, il avait trouvé sa voie, et la partie ne faisait que commencer.

« Ils ne nous mettront pas dans la même équipe… »

Il avait prononcé cela de sa voix encore frêle, mais l’ intonation, la façon qu’ il avait eu de prononcer le sujet de la phrase avait transpiré d’ une sourde rancœur, le duo n’ allait plus pouvoir œuvrer durant un temps, et il trouvait cela impardonnable, mais, qui aurait voulus de ces deux phénomènes dans son équipe ? Commença alors pour Kerun une période longue et difficile, durant deux ans, il fut affecté pour son plus grand désespoir à l’ Equipe 4, « une belle bande d’ abrutis » selon lui, effectivement, son chef et ses deux équipiers réunissaient tout ce qu’ il pouvait détester, le Chuunin chef de l’ équipe était un homme borné, attaché plus que tout à ses idées et sa vision du devoir Ninja diamétralement opposé à celle du jeune Genin, l’ autre garçon de l’ équipe était originaire d’ une longue et noble lignée de Shinobis reconnus et ne pouvait s’ empêcher de le rappeler toutes les minutes pour affirmer sa supériorité et la kunoichi était une pimbêche d’ une immaturité rare qui ne pouvait passer le temps sans discuter de n’ importe quoi pourvus que ce soit stupide. En clair, seuls rattachaient Kerun à la vie, ses discussions avec Raan ainsi que sa formation de marionnettiste qu’ il n’ hésitait pas à invoquer pour éviter de se coltiner les missions qu’ il considérait comme les plus chiantes ainsi que les interminables soirées où l’ équipe se retrouvait au restaurant pour se vanter des « exploits » de la journée. Donc les missions de rang D se succédèrent les unes après les autre, et l’ attitude de Kerun ne cessait de devenir plus froide et hostile envers les autres membres de l’ équipe, il lui arrivait même d’ immobiliser ou même d’ assommer les deux autres Genin à grand renforts de senbon lorsqu’ il les trouvait véritablement trop pesants. Car il lui avait bien fallut trouver d’ autres centres d’ intérêt lorsque les marionnettes faisaient défaut, il errait donc de librairies en bibliothèques dans le but d’ accroire sa connaissance du monde en général, bien vite, son œil fut attiré par les livres et encyclopédies médico-légales, il en ressortis une parfaite connaissance du corps humain, et plus encore, les différents points qui pouvaient être exploités en combat, ces connaissances nécessitaient cependant une bonne maîtrise de ces aiguilles chirurgicales, mais le temps qu’ il perdait avant à ne rien faire put ainsi être mis à profit et au bout d’ un an d’ entraînement, l’ intégralité des kunai de sa besace furent délaissés au profit des senbon, maintenant armes à usage multiples. La première fois qu’ il les dévoila durant une mission, il reçut nombre de remarques acerbes sur l’ inutilité de la chose, surtout de son partenaire masculin qui s’ amusait de plus en plus à voir l’ évolution de cet enfant anormal. Cependant, alors que la mission consistait à rattraper pour la énième fois « ce con de greffier », Kerun acheva la partie en moins d’ une minute lorsqu’ il lança une des aiguilles sur la terminaison nerveuse d’ une des pattes de l’ animal qui s’ immobilisa soudainement, son poing partis alors dans le visage du noble. Il y eu un jour cependant dont il allait se souvenir : depuis toujours, l’ idée d’ amener une marionnette en mission le rebutait, il ne voulait pas entendre ce qu’ en pensaient les membres de l’ équipe, et savait bien que si jamais une remarque trop insultante surgissait, il ne pourrait s’ empêcher de réparer l’ affront dans le sang, et ce, à l’ aide du pantin. Mais ce jour était différent, on avait assigné à l’ équipe une mission de rang C, jouer les gardes du corps pour un dignitaire du village harcelé de menaces depuis plusieurs jours, Kerun décida que pour affirmer ce qu’ il était, il emporterait une marionnette, optant rapidement pour une simple d’ entraînement, taille humaine et katana en main. Personne ne fit aucun commentaire, et même, il sentait que la pesante silhouette du pantin dans son dos effrayait ses équipiers, ce qui n’ était pas pour le déplaire. Trois jours passèrent sans qu’ il ne se passe rien de spécial, une nuit cependant, celui qui avait envoyé les menaces anonymes fit son apparition, bien décidé à mettre ses plans à exécution. Il avait été repéré dès son entrée dans le domaine de l’ immense villa où vivait le commanditaire par Kerun qui décida malgré les ordres de ne pas se servir de la radio pour alerter les autres, mais plutôt d’ attirer l’ intrus dans un duel, l’ homme se retrouva rapidement face au Genin et, paniquant à la vue du bandeau des Ninjas, poignard en main, se jeta en hurlant sur le marionnettiste. Le combat fut des plus courts, Kerun libéra la poupée qui s’ interposa entre lui et le tueur, il y eu deux passes et finalement, le couteau de l’ homme vola à travers la pièce alors que le reste de l’ équipe débaroulait dans la salle dans un fracas infernal. C’ est à ce moment que le jeune garçon sentis son esprit l’ abandonner, la cible était sans défenses et prête à se rendre, mais seulement, il y avait cette voix si insistante dans son esprit qui le commandais, l’ ordre était irréfutable et les doigts du marionnettiste s’ activèrent une ultime fois. Une seconde plus tard, la tête de l’ homme roulait sur le sol, laissant une longue traînée sanguinolente derrière elle.


Deux ans passèrent ainsi, l’ incident fut oublié et il n’ y en eu pas d’ autres. Le niveau du jeune garçon dans l’ art des marionnettistes croissait exponentiellement, un jour vint où il décida alors de ne plus travailler avec les pantins du Centre, mais bien avec ses propres créations, lorsqu’ il dévoila son envie aux autre membres du bâtiment, l’ idée fut accueillie avec réticence, créer des marionnettes efficaces était une tâche bien plus ardue que la simple manipulation. Pendant dix jours il s’ attela à son ouvrage, dix jours durant lesquels il ne sortit pas de la salle où il s’ était enfermé, c’ était cette même salle qui avait vus son arrivée dans le jardin secret des marionnettistes, quelques fois, Raan passait par la lucarne pour lui apporter de quoi subsister, il l’ observait durant un temps, concentré plus que possible sur son œuvre, ils ne parlaient pas, à quoi bon ? Son frère d’ arme avait suivis à peu près le même parcours que lui pour l’ instant, son équipe était bâtie sur le même schéma que celle de Kerun, et lui, occupait son temps libre à sa nouvelle passion : les poisons, deux voies qui se complétaient naturellement, deux obsessions mortelles. Les plans de base se trouvaient déjà dans l’ esprit du marionnettiste depuis quelques temps, c’ était en réalité un projet qu’ il couvait et chérissait depuis son arrivée au poste de Genin, il savait l’ apparence qu’ allait avoir sa création, ensuite, après un nombre incalculables de dessins et de croquis, il jugea son concept efficace, et surtout, réalisable. Les jours passèrent durant lesquelles il ne s’ accorda presque aucun repos, son corps et son esprit étaient intégralement voués à la marionnette qui, lentement, prenait forme, il tailla le bois et le métal, perfectionna les articulations et masqua consciencieusement, un grand nombre d’ armes secrètes dans le corps de la bête, il avait apporté avec lui trois éléments qu’ il savait incontournables de sa création, la faux qui serait l’ arme principale, la longue bure noire pour l’ habillage et surtout, le crâne de cet homme qu’ il avait tué, crâne qui avait été lavé et renforcé de plaques de métal. Les premiers tests furent désastreux, le pantin se mouvait lourdement, les articulations étaient dures et la mécanique sensible aux coups portés sur un corps à la composition fragile et puis, il manquait quelque chose, ce qui ferait son caractère, le reflet de l’ esprit du marionnettiste. Au cinquième jour, il sortis de la salle et se dirigea vers le quartier des artisans, d’ abord, il se rendit chez un menuisier et exposa son problème tout en masquant au maximum son but, l’ homme ne posa pas de questions et proposa au jeune garçon un alliage composite de bois léger et de métal solide parfait pour ce qu’ il cherchait, de plus, l’ artisan fut amusé par la lueur de passion dans les yeux du jeune homme, le prix était très loin de l’ exorbitant, contrairement à son second achat. Lorsqu’ il pénétra dans la petite joaillerie, il sût que c’ était l’ endroit parfait pour sa commande spéciale, lorsqu’ il en ressortit, son capital s’ était considérablement amoindri et il se félicitait de n’ avoir presque aucune dépense dans sa vie quotidienne. Revenant dans l’ atelier, il se remit directement au travail, bien décidé à ne pas se laisser abattre par son premier échec. Cinq jours plus tard et après de nombreux autres échecs, il tenait sa première Création, son Œuvre d’ Art. Il exulta pendant plusieurs minutes seul dans la salle avant d’ en sortir, demandant à tous ceux présents de bien vouloir venir admirer.

~ Karakuri Engeki – Jack the Reaper ! ~

Il y eut un tollé général lorsque la marionnette apparue, haute de deux mètres et d’ une envergure humaine, le linceul noir qui encadrait le corps obscure, la faux luisante dans la main droite, l’ allure squelettique de certaines parties, mais surtout le crâne humain rehaussé par deux grenats luisants, taillés à la perfection pour que chaque parcelle de lumière soit reflétée comme une lueur de folie, l’ intégralité de l’ assemblage faisait planer une sombre ambiance dans la salle, fier de lui, il montra les mouvements parfaitement fluides du pantin et au final, tous le félicitèrent pour la performance, certains étaient captivés par ce spectacle malsain, mais la plupart le critiquèrent vigoureusement sur l’ allure de sa création, cependant, ce furent les mots de Sasori en personne qui restèrent gravés dans l’ esprit du marionnettiste :

« Joli travail, Kuranagi no Kerun… »

Ce fût la dernière fois qu’ il parlait avec celui qui avait été son idole dans le domaine des marionnettes, ce fût en ce jour qu’ il décida de son nouveau surnom.



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Dim 8 Juin 2008 - 19:49

Respire ! Et arrête de faire bouger tes bras dans tous les sens ! T’ as l’ air d’ un débile profond ! Aisance, classe et galanterie se doivent d’ être tes mots d’ ordre si tu veux la revoir un jour ! Bien sûr, tu évites de la fixer dans les yeux sans arrêt, ça le fait vraiment pas. Parle, dis des trucs, n’ importe quoi ! Evite les banalités ! Parle plutôt du boulot, c’ est toujours un début si tu trouves rien d’ autre ! Ne bave pas ! Franchement, faut tout te dire, il se passera ce qu’ il doit se passer, si rien, rien, si autre, bah, voila hein ? Mais par contre, ne soit pas un désastre, t’ as pas besoin de ça. Reste détendue, t’ es chez toi ici, c’ est ton Village, tu le connais, t’ es en territoire allié. Respire à fond. Nan pas aussi fort abrutis ! Lève le pied on dirait que tu vas faire de l’ hyperventilation ! Keep cool mon frère, c’ est bon, y’ a aucun risque que quelque chose foire tant que tu fais pas le con……… Mais bordel ! C’ est quand même pas la première fois que ça t’ arrive nan ? Je sais que cette fois-ci c’ est différent, me ressort pas ce couplet foireux, j’ en suis bien conscient ! Mais tu veux faire comment ? Rester là, planté sur place à attendre que Nova veuille bien se pointer ?! Non, ça, je refuse, tu vas donner une bonne image de toi, et par là du Village ! Imagine qu’ elle aille s’ imaginer que tout le monde arrête tout à coup de réfléchir dès qu’ un truc spécial se passe ? Donc, tu vas agir en Fils du Désert, en Homme ! Bien sûr, je compte sur toi pour ne pas agir de la même façon que pour tes ex’, non, là, tu vas être tranquille, ce coup-ci, tu vas penser avec ton cerveau pour changer ! Récapitulons : tu l’ emmène à l’ hôtel le plus proche, un truc pas trop grand luxe mais pas miteux non plus. Et demain, tu passes la chercher pas trop tôt ni trop tard et vous allez voir le Conseil. Après, on verra.

« Oh, euh, j'ai quelque chose à faire. A plus tard, vous deux ! »

Kerun était justement en train d’ allumer une cigarette tout en s’ écoutant énoncer un plan qui lui paraissait parfait quand Shenlong annonça qu’ il l’ abandonnait lâchement pour aller s’ étaler dans un des nombreux futons de son immense maison. Le marionnettiste loucha sur la flamme du briquet pendant une grosse dizaine de secondes. Il tira une taffe à asphyxier un bœuf et recracha longuement la fumée par le nez : Shenlong n’ était pas vraiment dans son plan, mais il était un point de raccord à une réalité normale, à la limite, après avoir déposé Kagami à l’ hôtel, ils auraient très bien pus descendre dans un des bars de la ville et fêter la réussite de leur mission, acte qui aurait évité à Kerun de ruminer dans son appart’ seul pendant une bonne partie de la nuit. Néanmoins, le destin qui lui tranchait la tête à l’ aide d’ une hache en or ne semblait pas satisfait, comme si le crâne de sa victime était encore attachée au tronc, il décida alors d’ en rajouter un petit coup, celui qui fait mal :

« Kerun… »

Il le sentait venir, le massacre, bien sûr, une partie de son esprit félicitait Shenlong pour sa bienveillance et pour son sens des relations sociales, l’ autre partie le maudissait à jamais de l’ avoir abandonné. Lorsque Kagami prit la parole, il resta de marbre, faisant semblant de l’ écouter, en réalité, son esprit tout entier était concentré sur la silhouette derrière lui, et plus un seul muscle de son corps ne semblait vouloir bouger, tout comme son sang, qui faisait momentanément une grève de mouvement. De toutes façons, il lui semblait que le temps lui-même retenait son souffle, seul mouvement, la fumée de la cigarette s’ ébattant gaiement dans les airs avant de se dissiper, une goutte de sueur perla entre ses omoplates, mais le plus incongrus, c’ était ses yeux exorbités, tendus à l’ extrême par l’ attente du couperet, immobiles, mais ne se fixant sur absolument rien :

« Désolée, je n'ai pas un sou pour payer l'auberge. On est assez limités niveau finances, avec la résistance... Ca t'embêterait beaucoup de m'héberger, juste cette nuit ? Je ne te dérangerai pas, c'est... juste en attendant le retour de Nova. S'il te plaît ? »

Le temps reprit sa course, et à une vitesse incroyablement rapide, tout ce qui aurait dus se passer dans les secondes antérieurs s’ amorça. Puissance 1000. Les yeux du marionnettiste s’ ouvrirent encore plus que de possible, ses pupilles s’ écarquillèrent, il réprima un haut le cœur, trop de tension, il esquiva ensuite habilement le hoquet qu’ il entendait monter, il sentit ses joues s’ empourprer à un niveau inimaginable, heureusement que la nuit était tombée, mais même, la couleur de sa tronche devait briller même dans l’ obscurité la plus dense. Il monta la cigarette jusqu’ à ses lèvres, il tremblait, même plus que le jour où Raan avait « testé » sur lui un poison qui agitait sa victime de spasmes, il aspira difficilement la bouffée qu’ il garda d’ ailleurs en bouche comme un abrutis pendant quelques secondes avant de l’ exhaler, il se concentra alors quelques secondes sur le bout incandescent, ayant en tête l’ image du type forgeant ses plans, dans sa salle pleine d’ instruments de mesure et de cadrans se noyant dans car son incertitude et son indécision devenues liquides qui s’ engouffraient dans la salle en grandes vagues. Son visage se tourna de trois quart vers Kagami, ses yeux se perdaient sur les formes de la jeune femme et sa concentration semblait avoir été savamment ligotée par il ne savait quel esprit félon, avalant difficilement sa salive qui passa dans sa gorge plus sèche que du carton, il bégaya plus qu’ il ne parla :

« B-bien sûr, j’ peux pas te refuser ça… Suis moi, s’pas loin… »

Il se retourna et se mit en route, à deux doigts de pleurer, ses doigts s’ agitaient nerveusement, il pouvait se passer n’ importe quoi autour de lui, son esprit était loin, très loin, il lui semblait qu’ une petite équipe de techniciens s’ y agitaient pour tenter de pomper l’ eau engorgeant la « Salle des plans » pour recommencer les opérations, que le petit bonhomme à l’ intérieur puisse réfléchir à une nouvelle stratégie… S’ il ne s’ était pas noyé. Pour une fois de sa vie, il se sentait suicidaire, il aurait préféré se retrouver tout seul à poil armé d’ un petit bâton faisant face à l’ intégralité des membres de l’ Akatsuki. Même s’ il y avait eu des sons autour de lui, il ne pouvait pas les entendre, il imaginait l’ ambiance pesant au dessus d’ eux tel un roc immense prêt à s’ abattre sur le coin de sa tronche :

« Et à part ça… T’ as fait bon voyage ? »

Mais ta gueule ! Ferme-là une bonne fois pour toute ! Si t’ as rien à dire, ne dis rien, d’ une part, ça t’ évitera de dire des conneries, et d’ une autre, ça entretiendra ton image de type classe, au charme un poil ténébreux ! On va réfléchir à une nouvelle stratégie, j’te laisserai pas tomber, de toutes façons, si je le faisais, t’ irais te pendre demain tellement tu te serais foutus la honte… Donc, voici ce qui va se passer, vous allez entrer dans l’ appart’, oublie pas où sont tes clés, prend pas dix minutes à ouvrir la porte, on va la jouer fins, écoute tu vas faire l’ ami qui en aide une autre dans l’ urgence, OK ? On va faire comme ça, ce qui t’ évitera au maximum de te planter, et d’ autre part si jamais tu pètes une durite, de passer pour un gros lourd. La bouffe, il en reste dans le frigo, t’ avais fait des provisions juste avant la déclaration de la loi martiale, de ce côté-là, pas à s’ en faire, n’ oublie pas, si jamais, il reste quelques bouteilles de saké pleines dans un des placards, donc, de ce côté-là, au moins, on part pas perdants. Ensuite, tu vas gracieusement lui laisser le futon dont les draps devraient être propres, vous allez discuter sûrement un petit peu de tout et de rien, et finalement, tu vas te créer un petit coin sympa avec les coussins et tu vas dormir ! Dormir, est-ce que tu me comprends ? Ceci pour deux raisons : d’ une part pour être au moins un peu frais demain matin, d’ autre part pour t’ obliger à ne pas faire le con !


« Bon bah, bienvenue chez moi hein ? »

La périlleuse quête dite « Des clés » ne dura finalement qu’ une petite minute, suffisamment en tout cas pour que le type des plans pète encore un câble, finalement, la porte coulissa gentiment, et pour la première fois depuis qu’ il habitait l’ endroit, Kerun prit conscience de l’ incroyable bordel qui s’ y était élevé en maître incontestable et incontesté, un véritable pandémonium, savant mélange de tout et de rien. Calepins, parchemins vierges ou de brouillons pour n’ importe quoi, vieux ordres de mission, bouteilles de saké, cendriers vides semblant être placés de telle façon à ce que nulle part dans la pièce on n’ ait besoin de bouger pour en atteindre un, le bureau était pire que tout et l’ évier de la kitchenette dans le coin semblait prêt à vomir son contenus à moitié nettoyé. Le marionnettiste marqua un temps d’ arrêt, se dirigea vers la fenêtre tout en posant sa besace à terre, autant pour l’ ouvrir et accueillir la fraîcheur du soir que pour faire quelque chose :

« Installe toi, franchement fait comme chez toi, tu me donnes cinq minutes, le temps de prendre une douche. »

La porte coulissante claqua presque lorsqu’ il la referma avant de se diriger à toute jambes vers le lavabo pour s’ observer quelques secondes dans le miroir. Il haletait et sentait son corps trembler, il lui fallait cette douche de toute urgence. Maudissant son idée des panneaux en papier de riz extrêmement fins qui occupaient une bonne partie du mur, il enleva une à une ses fringues en balançant le tout dans la corbeille à lessive prévue à cet effet. Lorsque le jet d’ eau brûlante atteignit son visage, il réprima un long soupir de soulagement, par contre, lorsque le liquide atteignit la blessure à peine cicatrisée sur son épaule, il réprima un hurlement de douleur.

Bah pour la galanterie, on repassera monsieur le Dragueur du Désert… J’ hallucine ! D’ habitude ça, c’ est un coup que tu loupes jamais ! Pourquoi justement aujourd’hui tu t’ emmêles les pinceaux ?! En plus, la laisser se doucher en premier, ça t’ aurait permis de préparer à peu près la pièce pour son retour. Bon, t’ as du bol, c’ est du bon bordel ce qu’ il y a, on peut le mettre sur le compte de ton côté « artiste dérangé », mais bon, quand même ! Et va pas me sortir que peut-être elle veut pas prendre de douche, les dames prennent des douches dès qu’ elles peuvent ! Je suis pas vieux jeu, c’ est comme ça, m’ emmerde pas ! Bon allez, t’ es propre, sors de là, pas question non plus de lui avouer que le stock d’ eau chaude est carrément limité, d’ après mes calculs, si elle y passe pas quinze ans, ça devrait passer. Par contre, je te laisse découvrir le plus gros problème…

Kerun sortit de la douche et sa main se dirigea vers la serviette, dès le toucher, le problème en question s’ écrasa sur sa conscience : il avait la main sur l’ unique serviette de l’ appartement ! Et potentiellement, de tout l’ immeuble ! Sur les trois étages, le premier était inoccupé, et au deuxième traînait le couple d’ abrutis, il ne se rabaisserait jamais, mais jamais à leur demander ne serait-ce qu’ un peu de sel. Sa tête bascula pendant quelques secondes de droite à gauche, il fallait faire quelque chose, la meilleure, c’ était d’ être naturel et se débrouiller avec ce qu’ il avait sous la main. Se forçant à oublier le jeu d’ ombres chinoises que pouvaient très bien offrir les panneaux extra-fins, il s’ essuya rapidement et passa la serviette autour de sa taille avant de sortir de la pièce :

« Si tu veux prendre une douche, je trouverai bien un moyen de te faire repasser la serviette. »

Bon, monsieur plan foireux dégage, tu deviens vraiment trop chiant, dans ce genre de situation désespérée, il faut laisser parler l’ instinct. Alors on sourie genre je suis un comique et on avise sur le moment, ceci, c’ est un défi. Ah, le plus sympa que j’ ai jamais fait d’ ailleurs. Faut voir les choses du bon côté, au moins, la soirée risque de pas être triste, et pas originale pour deux sous !


Dernière édition par Kuranagi no Kerun le Mar 10 Juin 2008 - 12:54, édité 1 fois



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Yuzuhara Kagami le Dim 8 Juin 2008 - 22:00

Le temps que Kerun la conduise chez lui, Kagami observait les rues plutôt que son compagnon, les joues empourprées par sa propre audace. Quand on y pensait, la façon dont elle s'imposait au jeune homme était peut-être légèrement, modérément, un petit peu, d'un certain point de vue et selon la direction du vent, bref, un poil osée ? Quoi qu'il en fût, les rues de Suna étaient calmes dans le soir, l'air était doux, et aucun dieu ne semblait disposer à la foudroyer sur place pour ce qu'elle venait de dire. Tant mieux. Elle survivrait encore quelques temps à cette mission décidément atypique. Le village était agréable, se surprit-elle à penser, et pas si différent d'Iwa. Il lui sembla repérer une enseigne de bar. La jeune fille grava ce détail précieux dans un petit coin de sa mémoire, au cas où un hasard miraculeux l'enverrait à nouveau à Sunaba, dans le quartier où habitait Kerun. De toute façon, le hasard, c'était comme la bonne volonté de Shenlong à les laisser tous les deux seuls. On pouvait tout à fait s'arranger pour le forcer un peu.

L'immeuble où la conduisit Kerun déconcerta Kagami, qui n'en laissa rien paraître. Hein ? Une maison à plusieurs étages, où différentes familles habitaient ? Du jamais vu à Iwakyanpujou, village traditionnel et isolé... très isolé. Ce n'était pas vraiment la luxueuse demeure Yuzuhara... Mais, reconnaissons-le, ce n'était pas non plus les toits ou les ruelles miteuses où elle dormait tant bien que mal depuis que sa maison avait été détruite. Un léger moment de suspense lorsque Kerun livra combat contre la serrure... Puis, la Découverte. Le Choc, voire le Traumatisme : le Heurt, l'Ahurissement, la Rencontre avec le Chaos. Il fallut à Kagami toute sa bonne volonté et toute son envie de rester en bons termes avec le Sunnite pour éviter de prononcer à voix haute la seule phrase que son esprit saisi d'effroi parvînt à formuler intelligiblement.


« Mais, mais mais mais... Mais quel bordel... »

Certes, Kagami n'était pas excessivement ordonnée. Elle était même habituée à se repérer dans le labyrinthe surréaliste que formaient les piles gratte-ciel de documents urgents à trier, autrefois, dans le bureau kagal de Tsuchi. Mais l'éducation de sa mère adoptive, Mariko, surnommée « l'autre maniaque » par les bons soins de l'enfant, avait fini par porter ses fruits : c'est-à-dire qu'un bordel pareil n'entrait pas, et n'était jamais entré, dans les limites de la conception mentale de Kagami. Une envie de s'évanouir sur place la titillait sévèrement, contrebalancée par celle de trouver une loupe et de noter en détails tout ce qu'elle trouverait dans la pièce, pour la science. Elle répondit à peine, sous le coup de l'émotion, lorsque Kerun l'informa qu'il allait prendre une douche. En fait, il lui fallut quelques bonnes minutes pour s'en remettre et être capable de bouger, toujours en travers de l'entrée de l'appartement.

Mais passé le premier choc, et tant qu'on trouvait les endroits stratégiques pour poser ses pieds sans marcher sur quelque chose, la pièce avait une certaine... personnalité. En fait, c'était même se montrer incroyablement indiscrète que de rester là : une grande partie de la vie de Kerun semblait être inscrite dans cette pièce, codée, certes, mais déchiffrable petit à petit si on y prêtait attention. Les cendriers et les bouteilles... rien que de très normal. Le futon où dormait Kerun lui arracha un coup d'oeil ambigu, mais elle ne s'y attarda pas. Ce qui l'intéressait bien davantage, en revanche, c'était ce bureau extraordinairement bordélique contre l'un des murs de la pièce. Elle s'approcha prudemment, tout en ayant l'impression de faire quelque chose d'interdit, et regarda les plans. Des dessins de marionnettes, des notes illisibles, des croquis mystérieux qui dégageaient tous une aura d'ambition excentrique, dont il était impossible de dire s'ils semblaient ridicules ou géniaux – un peu comme un garçon surdoué de onze ans qui dessinerait les plans incompréhensibles d'une fusée spatiale. Kagami avança la main vers un pantin, ou plutôt un tronçon de pantin, dont la tête était encore un bout de bois ovoïde sans impression de vie, et effleura ce jouet, destiné à devenir une arme. Le souvenir de Jack the Reaper était toujours bien présent en elle, la fascinant bien plus qu'il ne l'effrayait.


- Si tu veux prendre une douche, je trouverai bien un moyen de te faire repasser la serviette.

Sursautant violemment, Kagami laissa échapper un cri de surprise et éloigna sa main de la marionnette, comme un enfant pris en flagrant délit de vol de friandises. Croiser le regard surpris de Kerun fut le coup de trop, le choc suprême pour lui faire réaliser tout le ridicule de sa situation. Rouge brique, la jeune fille pria intérieurement pour qu'une divinité veuille bien la faire disparaître six pieds sous terre. Quelques secondes plus tard, elle était encore là. On ne pouvait vraiment compter sur personne, même pas sur les dieux. Elle allait bafouiller une excuse, lorsqu'elle vit le torse nu du jeune homme. Une expression d'horreur se peignit sur son visage... avant qu'elle ne s'approche sans crier gare de Kerun, toujours en serviette.

Elle ne s'était pas trompée en croyant sentir une odeur de sang, un peu plus tôt, lorsqu'elle avait étreint Kerun. Un large pan de peau avait été arraché de l'épaule du jeune homme – avec un large pan de chair, d'ailleurs. Des traces de dents étaient visibles, à l'extrémité de la blessure, comme si une bête avait mordu et fermement arraché la viande. Effleurant la blessure du bout des doigts, la touchant le moins possible pour ne pas faire mal au blessé, la kunoichi (iryou-nin, ne l'oublions pas) incanta son sort de guérison, émettant une tiède lumière verte qui s'insinua dans les chairs meurtries pour reconstituer lentement la chair et refermer la plaie. Aussi habituée qu'elle fût à se guérir elle-même, l'opération lui coûta un effort certain : d'abord parce qu'elle tenait à effacer entièrement la blessure, ensuite parce que bizarrement, la proximité de Kerun ne l'aidait pas à se concentrer. Lorsqu'elle s'écarta de Kerun, faisant cesser le sort, il ne restait de la morsure qu'une légère brillance rouge sur la peau, comme patinée par une brûlure.


- Tu ne t'es pas raté, fit-elle, juste pour dire quelque chose. Enfin, la sale bestiole qui t'a fait ça ne t'a pas raté, plutôt.

Elle venait de dire quelque chose de bête. Ou d'inutile. Bref, quelque chose qui ne rendait le silence qui suivit que d'autant plus pesant. Gênée, elle eut un sourire nerveux parfaitement stupide et s'aperçut que ses doigts tressautaient, tic qui n'annonçait jamais rien de bon quant à son état mental. Trouver quelque chose à faire, à dire, n'importe quoi.

- Oh, euh, pour la serviette, enfin, pour la douche... Je la prendrai dans un moment, rhabille-toi – elle rougissait, elle était certaine qu'elle rougissait –, je préparerai à manger pendant ce temps. Je te dois bien ça !

Se détournant du jeune homme (ô, merveilleux prétexte pour lui tourner le dos et ne pas laisser voir son état de nervosité critique), Kagami s'approcha de la kitchenette. Cuisiner. Voilà, bonne idée. C'était quelque chose qu'elle savait faire, qui rendrait probablement service à Kerun, et qui l'aiderait même à se sentir moins... vile squatteuse. Même si, en voyant l'état de ladite kitchenette (le bordel qui régnait dans l'appartement y avait également étendu son empire), elle eut un instant de doute quant à la possibilité de l'entreprise... Décidant de faire comme chez elle, la jeune fille lava rapido un grand plat, deux paires de baguettes, et vérifia les ingrédients disponibles. Du poisson... du chou, de la viande de porc... Farine ? Oui, farine ! Et même du vinaigre de saké, miracle, apothéose ! Ravie d'avoir trouvé de quoi s'occuper, et quelque chose qui la détendrait par la même occasion, Kagami s'affaira à une vitesse surprenante – non pas qu'elle ait décidé de jouer les maîtresses de maison parfaites, mais simplement parce que l'idée était beaucoup, mais alors beaucoup moins gênante que de chercher où se cacher pendant que Kerun se rhabillait. Une fois la pâte à crêpe (eh oui, elle fait des okonomiyaki ^o^) préparée, elle s'attela à découper viande et légume pour la garniture. Bientôt, l'odeur du plat remplit tout l'appartement – et Kagami avait oublié sa nervosité. Se retournant vers Kerun (rhabillé, depuis le temps, quand même), elle dit presque sans bafouiller :

- Ca se mange chaud, mais je ne prendrai pas longtemps. Allez, passe la serviette. Je me débrouillerai bien avec ça.
Parsemées, fragiles
Dans les pas des guerriers
Des fleurs sauvages...


~Kobayashi Issa.

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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Kuranagi no Kerun le Dim 8 Juin 2008 - 23:41

Bon bah… Cette partie aurait très bien put plus mal se passer non ? Franchement ? Attend, déjà, je me suis pas évanouis, hein ? Bon point déjà ça non ? Il aurait put arriver un max’ de tuiles durant ce cours laps de temps, des trucs mais qui auraient tout foutus en l’ air. Le connard d’ en dessous qui serait venus m’ emmerder, un messager du Conseil demandant mon rapport, Shenlong ou Raan débarquant pour je sais pas quel foutue raison, un représentant en aspirateur insomniaque, des témoins de Jénova (Vous savez, ceux qui viennent pas à deux mais à quinze et qui en plus ont vraiment une sale gueule), une attaque de taupes du désert affamées, bref, il aurait put se passer plein de trucs chiants, et au final, rien, rien du tout… Franchement, c’ est passé crème, enfin bon, ça aurait put se passer mieux effectivement, mais bon, on s’ en tire pas trop mal pour l’ instant. Comme je le dis, on a évité les catastrophes mais c’ était pas grandiose non plus, la situation n’ a pas évolué, on reste dans la moyenne. Ouais, donc bien, tant que le désastre n’ arrive pas en maugréant, tout va bien ! En plus, c’ est pas comme si j’ avais pris n’ importe qui avec moi, elle a fait la cuisine, c’ est un signe qu’ elle est pas si déçue que ça ! Sinon, elle serait repartie en douce pendant que je prenais ma douche, quoi que, la tronche qu’ elle tirait lorsqu’ elle est rentré dans la piaule, on aurait dit que c’ était Kumo, nan pire, Konoha, un Dimanche de Novembre… avec Shenlong… Brrrrr, j’ espère que non, c’ est pas AUTANT le bordel que ça ? Si ? Bah nan, m’ enfin quand même, on s’ y retrouve, et pis, y’ a de la place pour marcher quand même ! Si, si, je vous jure ! Là, regardez ! J’ ai laissé exprès un petit chemin ! Bon après d’ accord, la cuisine et le bureau, là je dis rien, mais c’ est quand même pas à ce point là. D’ accord, disons que la déco autour du bureau est pas tout ce qui a de plus joyeux, mais bon, dans l’ ensemble, c’ est… la piaule d’ un type qui vit seul quoi, ouais voila… Bon d’ accord, c’ est le bordel, voila !

« Ca se mange chaud, mais je ne prendrai pas longtemps. Allez, passe la serviette. Je me débrouillerai bien avec ça. »

Il s’ efforça d’ avoir l’ air le plus détaché possible lorsqu’ à bout de bras, il tendit ladite serviette qu’ il s’ évertuait à sécher depuis qu’ il s’ était rhabillé, ce n’ était pas vraiment le cas, mais bon, c’ était un début. Il s’ efforça ensuite à ne pas rougir, opération largement plus compliquée s’ il en est une, devant l’ échec critique auquel il faisait face, il opta pour tourner la tête, faisant comme si tout à coup, le coussin à ses pieds avaient soudain pris une importance capitale dans sa vie. Son visage n’ annonçait aucune émotion, mais sa mâchoire était tendue et ses dents serrées à s’ en faire péter l’ émail, il pensait qu’ ainsi, le tout tiendrait en place sans se casser la gueule, stupide précaution s’ il en est une autre. A part ça, il eut un mal fou à réprimer les tremblements qui semblaient décidé à agiter son corps, comme s’ il avait avalé un réveil en marche, le son en moins, ou autre chose, enfin bref, passons. Lorsqu’ il sentit la serviette glisser de ses mains et la sensation d’ effleurement procurée par les doigts de Kagami, il attendit quelques secondes pour aspirer une grosse bouffée d’ oxygène qu’ il garda un instant avant de souffler tout en dégageant sa tremblote une bonne fois pour toute. Il voulut s’ asseoir mais se rendit compte au dernier moment qu’ il n’ en avait absolument aucune envie, il lorgna alors sur la nourriture prête disposée sur la table, son ventre gargouilla pendant un instant, mais il le fit taire rapidement. Il se plongea dans ses pensées mais la seule chose qui lui vint fût le moment où il avait sentie la main de l’ Iwajin se poser sur son épaule, entourée d’ un chakra médical apaisant. Là, il s’ était sentis stupide, il avait observé l’ infirmière improvisée de bas en haut, évitant à tout prix de croiser son regard mais ne pouvant s’ empêcher de la dévorer des yeux, un frisson avait parcourus son échine, après avoir tenté désespérément de se faire croire que ce n’ était autre que l’ action du jutsu médical, il s’ était résigné à agir comme si le plafond avait quelque chose d’ extrêmement important à lui montrer. Lorsque la main de Kagami s’ en fut allée, il sentit une profonde déception monter en lui et bredouilla une sorte de remerciement confus qui n’avait, il faut l’ avouer, aucun sens. Lorsque le marionnettiste s’ était attelée à la difficile tâche du rhabillage, il avait eu une peine extrême à trouver et enfiler ses fringues tant tout son être était concentré sur le dos de l’ Iwajin. Une petite claque avait néanmoins suffit à lui remettre les idées en tête. A ce moment, il ne put empêcher son regard de se tourner vers la paroi de la salle de bain, il faillit s’ évanouir, au final, il ne fit que s’ insulter intérieurement. Il tenta vainement de trouver quelque chose à faire, cependant, son esprit ne l’ entendait pas de cette manière, nouveau regard, nouvelle baffe, il se tourna alors vers son bureau, tira la chaise et s’ assit lourdement. Quelques baffes plus tard, il attrapa un pinceau fin et une feuille blanche, tentant d’ imaginer une nouvelle arme à intégrer sur Jack, moins d’ une minutes plus tard, il abandonna et froissa la feuille, c’ était peut-être une arme qu’ il avait dessiné, mais elle n’ avait vraiment rien de dangereux, en tout cas, elle ne ferait aucun dégât physique important. Enfouissant la feuille dans la corbeille sous le bureau, son regard croisa à nouveau la paroi désormais bien trop fine à son goût, l’ eau coulait, son esprit tenta d’ imaginer mais un réflexe physique fit que son crâne alla plutôt cogner lourdement le dessous du bureau.

« Itai ! Bordel ! Calme mon vieux… Calme… »

Bon gadjo, ça va pas du tout là ! D’ accord, c’ était sympa quand c’ était une autre nana, ça faisait bien marrer tout le monde, mais ce n’ est qu’ une putain de parois en papier de riz, oublie les ombres, concentre-toi sur autre chose ! Je sais pas moi, agis ! Trouve quelque chose à faire, à ce rythme, soit tu vas t’ éclater les joues à force de taper dessus, soit tu vas faire une crise cardiaque. Et non, il ne fait pas aussi chaud que tu le penses ! C’ est une illusion, comme d’ hab’, tu as chaud mais il ne fait pas chaud, tout ça, ça se passe dans ta tête. Relaxe, reste tranquille, fait comme si y’ avait personne d’ autre que toi dans cet appart’, à la limite je sais pas moi… Bah voila, imagine que le mur là-bas, c’ est en fait du métal blindé sur cinq centimètres d’ épaisseur, aucun bruit ne filtre et on voit rien. Allez, je te repasse le mec des plans, il faut l’ écouter de temps en temps, il a un truc sympa là. Bon, rebonjour déjà, alors, voila ce qui va se passer, tu te rappelles ce qu’ on avait prévus avant ? Bah y’ a juste quelques menus détails qui changent. Ecoute, elle va sortir de la douche et vous allez manger, n’ en fait pas trop, tu peux complimenter, mais n’ en fait pas une montagne, même si tu le penses vraiment. Reste détaché, comme toujours, distant et complice à la fois, profites de la fin du repas si tu veux discuter un peu, attention cependant à pas sortir de trop grosses conneries. Conseil, si tu sens qu’ une des questions passe mal, rigole un coup, bon, essaye de faire en sorte qu’ on pense que tu y croies, je sais, c’ est pas facile, mais tu t’ es mis dans une galère sans nom, on fait ce qu’ on peux hein. Quand vous aurez finis de discuter, dodo, normal, on garde le plan prévu à la base, coussins et tout. On peut imaginer une autre hypothèse, Iwajin, elle voudra sûrement boire un petit coup à la santé du Colonel, là, aucun droit de refuser, tu bois, et si elle te ressert, tu continues, ça, c’ est dans tes cordes, même si t’ es pas de là-bas, t’ as un certain niveau en boisson et tu partiras pas en live de suite. Si ça devait arriver, va dormir de suite ! Ne pars pas dans tes trips mystiques, tu vas lui faire peur, tu peux bien te marrer, sans toutefois avoir l’ air lourd, mais pousses pas le bouchon trop loin……… Bon, ta gueule pour voir, hein ? Et si ton plan marche sans problèmes, je te paye le saké, mais normalement, si aucun plan de bataille ne marche lors de la rencontre avec l’ ennemi, aucun plan de drague ne marche au moment de la rencontre avec la nana, même si celui-ci n’ en est pas un, si ça peut merder, ça merdera…

« Il va pas me faire chier pendant toute la soirée celui-là… »

C’ était un épique combat contre ses hormones, et parfois, il sentait que tout était perdus d’ avance, malgré ses grommellements à mi-voix qu’ ils ne murmuraient que pour rester en contact avec la réalité, il ne se faisait pas d’ illusions, quelque chose allait bien devoir se passer dans les heures à suivre, il le fallait, sinon, cela signifiait qu’ il rêvait, purement et simplement. Ses yeux se calibrèrent à nouveau sur ce qu’ une partie de son esprit avait désigné comme « Spectacle de l’ année », il ouvrit un peu plus le col de sa chemise, il lui semblait que tout à coup, il était de retour au milieu du désert, et lorsque le Soleil était au Zénith. Quelques secondes passèrent, il amorça le mouvement d’ une nouvelle claque et cela suffit pour se concentrer sur autre chose, désoeuvré, n’ imaginant même pas ce qu’ il pouvait bien faire pour s’ occuper, éviter les tremblements de son corps ainsi que les gesticulations intempestives de ses doigts. Finalement, il se posa sur le rebord de la fenêtre et alluma une nouvelle cigarette, tentant de trouver un intérêt captivant au spectacle qu’ offrait Suna en début de nuit lors de la loi martiale. De nouveaux, de multiples menaces de baffes jusqu’ à ce qu’ il arrive à se concentrer sur la silhouette d’ un chat solitaire sur le toit d’ en face, enfin, concentrer, bien grand mot, ses yeux suivaient le chat, mais il s’ agissait là uniquement d’ une habile stratégie de son cerveau pour ne pas regarder autre chose. Au bout d’ une minute environ, le greffier prit lâchement la fuite, sûrement attiré par l’ odeur d’ une femelle, Kerun le maudit durant de longues secondes, lui qui n’ avait pas à entrer en conflit ouvert avec lui-même lorsque l’ instinct appelait.

« Il va nous falloir des cacahouètes pour tenir le coup… »

Putain mais pourquoi je parle moi ? Y’ a pas besoin de parler, y’ a juste à éviter de croiser du regard la paroi… Hum, plus facile à dire qu’ à faire, carrément même ! Pourquoi je m’ emmerde moi ? Je pourrais rester comme ça… Non ! Faut pas ! Ca le fait vraiment pas, qu’ est-ce que j’ ai foutus de mon estime personnelle ? Elle a sûrement foutue le camp avec ma raison lorsqu’ on est entrés dans cette pièce, sont sûrement en train de s’ éclater dans un bar pas loin les enflures, bande de lâcheurs. Bon, on s’ arrête ! Qu’ est-ce que je disais moi déjà ? Ah oui, cacahouètes, on en aura besoin. Ca et un somnifère si je veux réussir à dormir cette nuit moi. Bah oui, on me dit « dodo, dodo », encore une fois, facile à dire, tu vas voir que je vais me retourner toute la nuit dans ces coussins à la con moi ! Oh, et y’ a encore un joyeux détail que j’ oublie moi ! Oh et puis merde ! Je l’ oublie et voila, j’ vais pas passer ma soirée à me faire du mal comme ça, j’ ai perdus assez de sang dans cette aventure.



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Re: Appartement de Kerun [Option Background incluse]

Message par Yuzuhara Kagami le Lun 9 Juin 2008 - 0:55

- Des cacahouètes ?

Kagami sortit de la salle de bains, rhabillée de pied en cap (vous attendiez autre chose ? bande de pervers !) se tamponnant encore la figure avec cette fameuse et unique serviette, et les yeux ronds comme des billes. Euh... La réflexion ne lui était peut-être pas adressée... mais c'était bon, les cacahouètes ! Observant l'incarnation du Chaos qu'était toujours la pièce, depuis tout à l'heure, la jeune fille réfléchit : il devait y avoir un endroit logique où ranger cette serviette. Oui, mais où ? Armoire : inexistante, ou alors très bien cachée. Bureau : à peine visible, et puis les serviettes ont-elles vraiment leur place à côté des fioles de poisons, kunaïs et plans démoniaques de pantins meurtriers ? Sol : hors de question, et d'ailleurs occupé par une myriade d'objets divers et variés. Une idée de génie lui vint soudain. Retourner dans la salle de bains, poser ça sur le porte-serviettes, comme tout le monde, et remettre un minimum ses idées en place, car là, quelque chose n'allait franchement pas. -_-'

Revenant vers la kitchenette, elle découpa une part d'okonomiyaki pour Kerun, une autre pour elle-même et apporta les deux plats au jeune homme... en lui laissant le soin de lui indiquer où s'asseoir, parce que personnellement, elle ne voyait pas vraiment quelle place était réservée à cet effet. Notez que tous ces objets qui jonchaient le sol constituaient un excellent entraînement ninja. Trouver en peu de temps comment se déplacer sans déclencher de piège (c'est-à-dire sans trébucher comme une brêle ni rien renverser) conserver son équilibre quand on se tient sur un quart d'orteil gauche... Tout ça était probablement à l'origine des dons de Kerun. Kagami faillit faire une réflexion sur l'absence de cacahouètes dans la recette de l'okonomiyaki. Heureusement pour le peu d'honneur qui lui restait, et pour son image dans l'esprit du Sunnite, elle se ravisa à temps. En croisant à nouveau le regard de Kerun pour lui tendre son repas, la jeune fille sentit les bienfaits que lui avait procuré l'eau fraîche s'évaporer comme le petit flocon de neige pouilleux tombant sur un grille-pain en marche. Elle avait encore plus chaud que tout à l'heure, la combinaison qu'elle portait n'arrangeait rien à tout cela, et décidément, la nervosité n'améliorait en rien sa fibre poétique.


- Bon, eh bien... itadakimasu ! claironna-t-elle avec une originalité folle.

Pendant qu'ils mangeaient, la jeune fille évita de trop parler, se contentant de sourire de temps en temps au Sunnite et de le dévorer (fort discrètement) du regard. C'était presque étrange de se rendre compte qu'ils pouvaient rester tous les deux, sans équipiers autour, sans armes à portée de main et surtout, sans l'obligation d'essayer de s'entretuer violemment. Le katana de Kagami était posé dans la salle de bains, elle avait eu la flemme de le reprendre au moment de s'habiller. Qu'il y reste. Elle ne voulait absolument pas repenser à ce qu'elle avait fait avec ce sabre – non, ne pas repenser à l'examen chuunin, lorsqu'elle avait blessé Kerun et vu gicler son sang... Bon, d'accord, elle y pensait, et se détestait pour ce souvenir. Mais au moins, trouver un autre sujet s'il fallait parler, ne surtout pas lui demander quoi que ce soit à ce sujet – argh... Elle aurait peut-être dû vérifier s'il avait encore une cicatrice, la refermer si besoin. La scène lui revint en scène avec une incroyable profusion de détails : Kerun torse nu, plus musclé qu'il n'en avait l'air, malgré sa minceur, et elle-même proche, très proche de lui. Erm. A quoi pensait-elle, là, exactement ? Tout en mâchant une bouchée de son okonomiyaki, elle se mordit volontairement la langue. Aïe ! Bien fait. Mission diplomatique. Donc, sage, Kagami, coucouche panier les pattes en rond, et s'en tenir à des rapports strictement professionnels. Enfin... Est-ce que quelqu'un parmi les lecteurs y croyait encore, à ce rapport strictement professionnel ? ... Ah. Bon. Bien ce qu'il lui semblait. Même de la part des lecteurs, on ne pouvait attendre strictement aucun appui.

Heureusement pour la pauvre Kagami, qui commença